Abstract

Au moment de la fondation de la Communauté économique européenne par le Traité de Rome, la France avait encore un vaste empire colonial. Peu avant la fin des négociations en 1957, la France a lancé la demande d'une association de ses colonies au marché commun comme condition sine qua non pour sa participation à la CEE. Cette demande ne peut qu'être comprise dans le cadre de la politique coloniale française. Le processus de la décolonisation a peu après changé la nature des relations entre la CEE et les colonies devenues indépendantes, mais on ne peut pas nier l'origine coloniale de ces relations. Tandis que l'attitude de la France vis-à-vis les relations entre la CEE et les territoires d'outre-mer était déterminée par sa politique coloniale, les autres pays membres fondateurs de la CEE ne considéraient pas assez importants les territoires d'outre-mer pour risquer un échec des négociations qui devaient aboutir au Traité de Rome. Ainsi la France a réussi non seulement à associer ses colonies à la CEE, mais également à faire payer les autres pays membres des projets de développement dans les territoires d'outre-mer. Basé en partie sur des entretiens récemment tenus avec des anciens hauts fonctionnaires néerlandais engagés dans ces négociations et dans l'exécution de la politique d'association de la CEE pendant les premières années, l'article compare et explique finalement les différences d'attitude de la France et des Pays-Bas, un autre pays européen avec des territoires d'outre-mer.

pdf

Additional Information

ISSN
1543-7787
Print ISSN
1539-3402
Pages
pp. 207-228
Launched on MUSE
2004-05-17
Open Access
No
Back To Top

This website uses cookies to ensure you get the best experience on our website. Without cookies your experience may not be seamless.