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Françoise Vandermeersch : l'émancipation d'une religieuse by Sabine Rousseau (review)
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C'est délibérément l'histoire d'un « second rôle » que Sabine Rousseau, spécialiste des engagements chrétiens contre les guerres d'Indochine et du Vietnam, retrace ici. Née en 1917, fille d'un entrepreneur de tissage du Nord, deuxième d'une fratrie de dix, Françoise Vandermeersch est élevée dans le respect des valeurs chrétiennes. Elle est atteinte à l'âge de cinq ans d'une poliomyélite qui lui a laissé des séquelles à la marche. En 1936, elle se découvre une sympathie pour les grévistes des établissements paternels et suit en cachette les manifestations ouvrières à Roubaix.

À vingt ans, elle entre dans les ordres et choisit les Auxiliatrices des âmes du Purgatoire, congrégation flamande à la spiritualité ignacienne consacrée au « soulagement de l'Église souffrante par la pratique des œuvres de zèle et de charité ». Nommée dans la communauté de Tourcoing, elle prend en religion le nom de Marie-Edmond. Chargée du secrétariat de la Croisade eucharistique, des Unions mariales, du patronage de la paroisse, du catéchisme d'une école et du soin de malades, elle anime aussi un centre social ouvert aux ouvrières et, pour permettre aux enfants des courées de partir en vacances, se forme comme directrice de colonies.

En novembre 1950, elle est appelée à rejoindre la maison mère, dans le VIe arrondissement de Paris, pour fonder un bulletin de la congrégation. Échanges, dont le premier numéro paraît en 1951, traitera alternativement de sujets religieux et, dans un souci d'ouverture plus large, de sujets de société. Elle est alors la seule femme directrice d'une revue de congrégation. C'est à ce titre qu'elle se trouve en 1966 propulsée sur la scène médiatique dans l'affaire de La Religieuse : avant même d'avoir été tourné, le film de Jacques Rivette adapté du roman de Diderot a provoqué une campagne préventive dans le monde catholique, mais Françoise Vandermeersch, invitée à une table ronde organisée par Paris-Match, ne le condamne que de façon nuancée. Les retombées de cette affaire scellent aussi pour elle une prise de conscience, celle de la soumission contrainte des femmes aux hommes dans l'Église et du droit qui leur est refusé, contrairement aux hommes, d'exprimer des opinions personnelles. Dès lors, « elle en tire les leçons et entreprend de poursuivre dans la voie de l'affirmation de soi. Elle est persuadée que la reconnaissance des religieuses sera le résultat de leur propre prise de parole, qu'elle viendra avant tout de leur capacité à moderniser un mode de vie qu'elle juge obsolète et à s'imposer en s'ouvrant au monde extérieur » (p. 54). Prenant appui sur le décret Perfectae caritatis sur la rénovation de la vie religieuse et sur les conclusions de Vatican II, elle se montre aussi consciente des évolutions sociologiques de la femme que critique sur la vie religieuse, en particulier sur les vœux (obéissance, célibat et chasteté) ; elle souhaiterait que les religieuses aient une formation plus solide en sciences humaines et sociales, qu'on accorde davantage d'importance à leur équilibre physique et mental, que les règlements s'assouplissent. Échanges fait écho à cette volonté de rénovation. La révision des statuts de sa propre communauté en 1969 lui fait en partie droit, même si les piliers de la vie religieuse y sont in fine réaffirmés.

En 1968, elle troque son costume de religieuse pour une tenue de ville et reprend son nom de baptême. Curieuse du mouvement social, elle est invitée à un débat en Sorbonne. Elle se trouve surtout mêlée à l'affaire dite « des Katangais », jeunes du service d'ordre des manifestations étudiantes parisiennes, accusés du meurtre d'un des leurs : Henri Burin des Roziers, aumônier de la faculté de droit d'Assas, ayant demandé qu'ils soient accueillis dans la maison mère des auxiliatrices, elle les héberge durant plusieurs jours et les aide ensuite à fuir. Elle les suit...



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