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« Un chaînon incontournable au Québec »: les Chevaliers du travail, 1882–1902
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L’ expansion des Chevaliers du travail en terre québécoise a fait couler beaucoup d’encre depuis la publication d’une courte notice rédigée sur le sujet, par l’historien Édouard-Zotique Massicotte, en 1934. Pourtant, la nature véritable du mouvement, de même que sa force et sa place dans l’histoire ouvrière, échappent encore aux experts des sciences humaines et sociales. Cette lacune est d’autant plus déconcertante que l’Ordre des Chevaliers du travail fait le pont entre les débuts du syndicalisme, caractérisé par des syndicats de métier souvent isolés, et la période qui suit au tournant du siècle, où les syndicats internationaux et nationaux d’abord, et les syndicats catholiques ensuite, en viennent ensuite à exercer une très forte empreinte sur le paysage.

Les premières recherches portant sur les chevaliers québécois remontent aux années 1940, alors que les abbés Laberge et Browne, à l’aide d’archives diocésaines, abordent l’épineuse question des rapports entre l’Ordre et l’archevêque Taschereau. Au même moment, trois étudiants à la maîtrise, Douglas R. Kennedy, Robert W. Cox et Victor O. Chan, utilisent des journaux pour documenter l’action politique des chevaliers et leurs relations tumultueuses avec les autorités religieuses1 . Au milieu de la décennie suivante, l’ex-président de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, Alfred Charpentier, y va également de quelques notes sur leur activité politique, largement basées sur les souvenirs de son père. Il faut toutefois attendre l’année 1965 pour y voir plus clair en ce qui concerne l’organisation des Chevaliers du travail, alors que l’étudiant Jacques Martin dépose une thèse de maîtrise qui dresse pour la première fois un portrait de la structure adoptée par la centrale syndicale américaine dans la province, entre 1882 et 1902. En s’appuyant abondamment sur la presse montréalaise, ce dernier peut établir l’existence de soixante-trois assemblées locales dans la métropole, soit un amalgame d’unités syndicales fondées sur le métier (assemblées locales de métier) ou sur le territoire (assemblées locales mixtes). Martin signale aussi en passant l’existence de cinq assemblées de district et d’une assemblée provinciale chargées de coordonner l’action sur le terrain. Un an plus tard, les historiens Richard Desrosiers et Denis Héroux publient à leur tour un livre dont la contribution, fort notable, est de souligner le rôle du chevalier et député ouvrier Alexandre-Télesphore Lépine en politique ouvrière2 .

Au cours de la décennie 1970, les progrès sont beaucoup plus minces. À vrai dire, on assiste à un net ralentissement dans l’avancement des connaissances. Les historiens Jean-Guy Genest (1972) et Philippe Sylvain (1973) nous apprennent bien peu de nouveau sur l’hostilité de l’archevêque Taschereau à l’égard de l’Ordre. Le collectif publiant l’ouvrage Les travailleurs québécois 1851–1896 apporte par contre quelques renseignements utiles concernant les réactions de la presse et de la bourgeoisie d’affaires, en signalant au passage l’existence d’une soixante-quatrième assemblée des Chevaliers du travail à Montréal. Quant à l’article intitulé « Les Chevaliers du travail et la montée de l’organisation ouvrière durant les années 1880 », rédigé par Richard Desrosiers et Denis Héroux, il déçoit en ce qu’il omet la contribution de Jacques Martin et ne fait, essentiellement, que reprendre le matériel que ces auteurs avaient fait paraître dans leur livre sept ans auparavant. La section portant sur l’implantation de l’Ordre à Montré al laisse donc énormément à désirer3 . Beaucoup plus sérieux est l’effort de l’historien Jacques Rouillard qui, dans sa thèse de doctorat, présente des éclaircissements sur la désintégration de la Chevalerie à compter de 1896 de même qu’un examen approfondi des tractations menant à son expulsion du Congrès des métiers et du travail du Canada...


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