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Sémantique de la cause (review)
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Pour saisir la portée de cet ouvrage, il faut le placer doublement en perspective. Tout d'abord, il apparaît comme le complémentaire d'un livre consacré à la finalité (Gross et Prandi 2004), mentionné à plusieurs reprises pour certains concepts (par exemple, les notions de codage explicite, de sous-codage), mais étrangement absent de la bibliographie. Les deux livres se complètent puisque la finalité est souvent vue comme une cause particulière (cause finale) et surtout puisque leurs méthodologies sont très similaires. Ensuite, ces deux ouvrages se distinguent d'études voisines, consacrées à la conséquence (Hybertie 1996) ou à la concession (Morel 1996), qui sont en pratique limitées à l'étude des marqueurs spécifiques et décrivent la valeur propre à chacun d'eux. Ces études sont donc sémasiologiques alors que les deux ouvrages de Gross sont onomasiologiques : ils partent du principe que la finalité et la cause concernent aussi bien le domaine grammatical (conjonctions simples ou figées) que le domaine lexical. Les deux domaines sont effectivement en forte intersection : ainsi, les mots cause/raison entrent peu à peu dans des groupes figés qui deviennent des subordonnants complexes. Même si un compte-rendu conjoint des ouvrages sur la finalité et la cause serait justifié en raison de la méthodologie commune, nous limitons nos considérations à l'ouvrage sur la cause.

L'approche onomasiologique adoptée a pour conséquence directe et inévitable d'ouvrir le domaine bien au-delà des marques traditionnelles de causalité, ce qui impose deux exigences : (i) l'ouverture doit être bien circonscrite et il faut trouver des critères pour établir une clôture précise; (ii) il faut organiser le domaine sur des bases nouvelles. Nous traitons tout à tour chacun de ces aspects.

La fermeture du domaine se fait sur une base simple, liée au statut des marques. Sont écartés les prédicats dits de premier ordre qui expriment des causes internes et ont des arguments élémentaires. Ces prédicats imposent peu de restrictions sélectionnelles à leurs arguments; ils sont souvent verbaux (incluant les verbes formés au moyen des suffixes -iser et -ifier) et ils acceptent une paraphrase du type X a cassé le verre/X a fait que le verre est cassé; ils sont aussi parfois adjectivaux (responsable) ou nominaux (auteur). Seuls sont retenus les prédicats de second ordre, caractérisés par le fait que leurs arguments sont eux-mêmes des prédicats (dits phrastiques par l'auteur). Ils expriment des causes externes et leur catégorie morphologique varie, mais tous ont un statut de relateurs : ce sont des verbes (1a), des substantifs (1b), des prépositions dans le cadre de ce que l'auteur considère comme des «propositions circonstancielles» (1c) ou des locutions à base nominale (1d).

1.   

  1. a.   La fonte des neiges a {causé/entraîné/provoqué} des dégâts.

  2. b.   La pluie est la {cause/raison} de son départ.

  3. c.   Il a fait cela par bêtise./Il a été puni pour avoir enfreint la loi.

  4. d.   Il a été exclu {en raison de son âge/du fait qu'il était âgé}.

    Ces décisions étendent donc fortement le domaine tout en présentant l'avantage de le clore. Sur un autre plan, elles permettent de recourir à une méthodologie bien établie : si les marqueurs causatifs retenus sont des prédicats, ils peuvent être abordés de la même façon que les autres prédicats car les principes descriptifs qui valent pour les prédicats de premier ordre peuvent être exploités pour les prédicats de deuxième ordre. D'une part, ils peuvent être caractérisés par la nature de leurs arguments et donc classés sur cette base; d'autre part, ils acceptent des changements catégoriels (X a causé Y/X a été la cause de Y) et la permutation de leurs arguments par la passivation (X a causé Y/Y a été causé par X) ou le recours à un converse lexical (X a causé Y/Y est la conséquence de X).

    La notion de cause se révèle cependant d'une grande diversit...



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