Bioéthique et culture de tissus humains : Études de cas

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Bioéthique et culture de tissus humains Étude de cas Traduction d’Ernestine Daubner AUSTRALIE BIOTEKNICA Jennifer WILLET Shawn BAILEY Bioteknica a exposé au festival EnterMultimediale de Prague (2007), à la FOFA Gallery de Montréal (2007), à l’ISEA San Jose (2006), à la Biennale des arts électroniques de Perth (2004), au Festival européen des arts médiatiques d’Osnabrück (2003), à la Forest City Gallery de London, au Canada (2004) et à la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal (2005). De plus, Bioteknica a donné de nombreuses entrevues et conférences au Canada, en France, en Écosse, en Allemagne, en République tchèque, en Serbie, en Bulgarie, en Turquie, en Slovénie, en Australie et en Espagne. Les recherches de Bioteknica ont été menées au Banff Centre for the Arts, Canada (2002, 2007) et à SymbioticA, University of Western Australia, Perth (2004, 2006). Jennifer Willet est professeure adjointe à l’Université de Windsor, où elle construit l’INCUBATOR : Hybrid Laboratory at the Intersection of Art, Science and Ecology, le premier laboratoire d’art biologique du Canada. Shawn Bailey (Jason Knight) est professeur agrégé à l’Université Concordia. Dans cet essai, nous voulons nous concentrer sur le problème particulier de l’éthique dans la production d’art biologique contemporaine. Plus particulièrement, quelles sont les considérations morales applicables à la production d’œuvres d’art qui mobilisent des systèmes vivants pour la présentation publique  ? Nous voulons examiner ce problème par l’étude du cas de notre projet en cours BIOTEKNICA (une société de bio-ingénierie factice, mais un instrument de collaboration artistique très réel), qui tente de traiter des questions complexes soulevées par l’instrumentalisation d’entités biologiques, soutenues technologiquement par des processus et des actions interventionnistes  – notamment l’ingénierie tissulaire, une technologie scientifique centenaire. Ici, nous proposons un engagement pluraliste complexe par rapport à la bioéthique en art – où la distanciation traditionnelle et les stratégies philosophiques pour analyser l’éthique sont délaissées au profit d’une participation directe et d’un engagement phénoménologique dans la bioéthique en tant que praxis. Dans Ethics of the Body, Margrit Shildrick codirige un nouveau recueil d’essais qui remettent en question les stratégies bioéthiques traditionnelles. Elle soutient que nous devons adopter des stratégies 104 Bioart de plus en plus fluides et contingentes pour interpréter l’éthique du corps, et ce, pour deux raisons principales. Premièrement, grâce à l’évolution des modèles qui nous aident à pour comprendre le corps dans le milieu des sciences humaines, nous avons déjà renoncé à une définition arrêtée et simpliste du corps, centrale à l’évaluation éthique (et souvent morale) conventionnelle. Deuxièmement, pour Shildrick, dans le cas de l’interprétation de l’éthique des biotechnologies, le point même de l’interprétation (biotech) produit luim ême des incarnations contingentes et multiples du corps, et exige donc des traitements pluralistes comme tels. Shildrick suggère : Le problème et – je suis prête à le soutenir – les limitations relatives les plus courantes de la bioéthique sont que leur concentration sur des questions comme le choix et le consentement, les intérêts de propriété, la prise de décisions rationnelles et l’égalité d’accès reposent toujours sur le modèle éthique traditionnel dont les déterminants ultimes d’une action morale sont l’individualité et la rationalité. Ce n’est pas que ces chosesl à soient sans importance, mais elles sont enracinées dans un monde radicalement transformé par les capacités des biosciences à diversifier et à étendre les choses jusqu’ici limitées dont les corps semblent capables. Là où jadis le corps pouvait être considéré comme relativement stable et prévisible (bien que les postmodernistes soutiendraient que ça n’a toujours été qu’une illusion), les possibilités techniques de l’âge postmoderne  – et ceci est très clair dans le domaine de la reproduction et de la génétique – perturbent continuellement les certitudes humanistes1. Shildrick soutient que les notions traditionnelles d’éthique reposent sur des convictions humanistes libérales comme la liberté et l’égalité, elles-mêmes fondées sur des notions binaires comme la division entre l’esprit et le corps, le sujet et l’objet, le bien et mal2. Shildrick, dans le cadre de plusieurs conférences où elle analyse l’éthique et le corps à l’âge biotechnologique, propose plutôt une...


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