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© 2009 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Recherche sociale, 5e éd., Benoît Gauthier (dir.), ISBN 978-2-7605-1600-7 • D1600N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés Chapitre 9 La mesure Claire Durand et André Blais We seem to have two distinct languages, one of which is in some sense more complete than the other. The first is a theoretical language in which we do our thinking. The second is an operational language involving explicit instruction for classifying or measuring. The two languages cannot be linked by any strictly logical argument. Instead, a correspondence between two concepts, one in each language, must be established by common agreement or a priori assumption. Hubert M. Blalock L’action de mesure se situe à la jonction des deux grandes étapes de la recherche, la formulation des hypothèses, d’une part, et leur vérification, d’autre part. Ces deux étapes possèdent leur langage propre. Le langage utilisé à l’étape de la formulation des hypothèses est essentiellement abstrait. Un certain nombre de propositions sont avancées, qui établissent des relations entre des concepts: on affirme, par exemple, que «c’est lorsqu’il y a domination d’un parti qu’un tiers parti est plus susceptible d’émerger1». Le langage de la vérification est concret et se fonde sur l’observation empirique des phénomènes: on examine, par exemple, les 1. Maurice Pinard, The Rise of a Third Party: A Study in Crisis Politics, Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1971. 228 Claire Durand et André Blais© 2009 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Recherche sociale, 5e éd., Benoît Gauthier (dir.), ISBN 978-2-7605-1600-7 • D1600N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés résultats des différentes élections provinciales tenues au Canada pour déterminer si les tiers partis obtiennent plus de votes lorsque le principal parti d’opposition avait obtenu moins de votes dans les élections précédentes . Les deux langages sont indispensables à l’ensemble de l’opération. La recherche n’est possible que si l’on peut formuler des hypothèses sur la réalité, hypothèses que l’on confronte avec l’information recueillie. Ce processus permet, en interprétant les résultats de la confrontation, d’en arriver à des conclusions sur la réalité. Le problème de départ est celui du passage du langage de l’abstraction , qui prévaut dans la formulation d’hypothèses de recherche, à celui de l’observation ou de la mesure, qui s’impose au niveau de la vérification. Le problème est analogue à celui qui se pose lorsqu’on veut exprimer une idée, un sentiment. On cherche à utiliser les mots, les formulations qui ­ traduisent le mieux ce que l’on pense ou ressent. Cette opération est d’autant plus difficile lorsqu’on tente de s’exprimer dans une autre langue que sa langue maternelle. C’est un peu la situation que l’on rencontre lorsqu’on passe du langage de l’abstraction au langage empirique. D’une part, plus ce que l’on pense ou ressent est clair, plus il est facile de le traduire en mots. D’autre part, plus notre connaissance de la langue seconde, la langue empirique, est solide, plus il nous est facile de nous exprimer; toutefois, la langue empirique demeurera toujours une langue seconde. Ainsi en est-il dans le domaine de la recherche. Il s’agit, tout en sachant qu’il n’existe pas de solution parfaite, d’identifier pour chacun des concepts retenus, un ou plusieurs équivalents empiriques, qui constituent en quelque sorte la traduction, dans le langage de l’observation, des constructions abstraites de l’esprit. Prenons, par exemple, le concept de participation politique. Un chercheur peut s’intéresser aux facteurs qui influencent (positivement ou négativement ) la participation et énoncer un certain nombre d’hypothèses à cet égard. La participation (ou la non-participation) est une construction de l’esprit, à laquelle on fait appel pour comprendre le réel. Elle est une abstraction: elle ne se voit pas, ne s’entend pas, ne se sent pas, ne se...

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Additional Information

ISBN
9782760520080
Related ISBN
9782760516007
MARC Record
OCLC
444731580
Pages
780
Launched on MUSE
2013-01-01
Language
French
Open Access
No
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