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© 2009 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Recherche sociale, 5e éd., Benoît Gauthier (dir.), ISBN 978-2-7605-1600-7 • D1600N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés Chapitre 2 La sociologie de la connaissance François-Pierre Gingras et Catherine Côté Il ne faut point juger des hommes par ce qu’ils ignorent, mais par ce qu’ils savent et par la manière dont ils le savent. Vauvenargues Tout le monde fait de la recherche, souvent sans le savoir. Que ce soit un enfant qui scrute les placards pour découvrir où sont cachés les cadeaux de Noël ou une sociologue qui se penche sur l’acculturation des immigrants , la vie de tous les jours se caractérise par une quête constante. C’est d’ailleurs cette envie de savoir, de connaître, de découvrir, qui a marqué l’évolution humaine. La recherche vise à mieux connaître la réalité, à mieux comprendre cet univers dont nous faisons partie. Nous faisons de la recherche par curiosité ou par intérêt, pour être plus heureux aujourd’hui ou pour prédire nos lendemains, afin de nous adapter à un milieu humain stressant et à un environnement menacé ou plutôt en vue de les transformer en profondeur. Tout comme le faisaient les premiers humains pour survivre, nous cherchons à 20 François-Pierre Gingras et Catherine Côté© 2009 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Recherche sociale, 5e éd., Benoît Gauthier (dir.), ISBN 978-2-7605-1600-7 • D1600N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés améliorer notre sort, à trouver une certaine forme de progrès1 . Le savoir n’est pas inné: toute connaissance s’acquiert. La première section de ce chapitre constitue un examen des modes d’acquisition des connaissances. Nous possédons tous un bagage plus ou moins vaste, plus ou moins spécialisé, plus ou moins juste de «connaissances». Toutefois, depuis le xviie siècle, on distingue clairement les connaissances de type «scientifique» des autres types de connaissances. Une deuxième section de ce chapitre tente de cerner ce qu’on entend par «science», par opposition au savoir«ordinaire», tout en évitant la confusion entre la science et ses applications technologiques. Cela fournira l’occasion de considérer certains écueils de la recherche scientifique. En traitant des principes méthodologiques de la recherche sociale, cet ouvrage postule le caractère scientifique d’une telle démarche. Il n’est donc pas superflu d’examiner, dans une troisième section, la prétention des sciences sociales au titre de «vraies sciences». C’est d’ailleurs l’occasion de poser les fameuses questions de la place de la subjectivité dans la connaissance des phénomènes sociaux et de l’existence de lois du comportement humain. La recherche sociale, pour avoir valeur scientifique, doit s’inspirer d’une pensée cohérente, d’une façon de voir le réel qui préside à l’ensemble de la démarche entreprise. Nous concluons donc ce chapitre en insistant sur certains défis posés par la recherche de la connaissance. 1 Les sources de connaissance Nos connaissances ne sont le plus souvent que des représentations (ou images) imparfaites de la réalité. Nous nous fabriquons ces représentations à partir de ce que les psychologues appellent des stimuli sociaux, c’est-àdire toute information disponible dans notre entourage: médias, conversations , expériences personnelles, etc. Comme le nombre de ces stimuli dépasse largement notre capacité de discernement, nous construisons un écran perceptuel qui filtre les informations et exerce inconsciemment pour nous un choix parmi tous les renseignements intelligibles. C’est grâce à ce tri des informations que nous pouvons faire des choix rapides en situation de stress, comme lorsqu’un obstacle se dresse sur notre route. Cet écran élimine non seulement les données qui ne présentent guère 1. C’est cette quête du progrès qui pousse l’être humain à toujours vouloir aller plus loin, ce qui est admirablement illustré dans le film de Stanley Kubrick, 2001: l’odyssée de l’espace (2001: A...

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Additional Information

ISBN
9782760520080
Related ISBN
9782760516007
MARC Record
OCLC
444731580
Pages
780
Launched on MUSE
2013-01-01
Language
French
Open Access
No
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