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© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Les transferts massifs d’eau, Sous la direction de Frédéric Lasserre, ISBN 2-7605-1379-3 • D1379N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés CHAPITRE JUSQU’OÙ TOKYO IRA-T-ELLE CHERCHER SON EAU ? AVOIR SOIF AU MILIEU DE L’ABONDANCE 7 Sonia Engberts et Frédéric Lasserre Il peut paraître paradoxal que le Kanto ( ), la région de l’agglomération urbaine du Grand Tokyo, puisse éprouver des difficultés d’approvisionnement en eau. Dans ce Japon situé dans l’Asie des moussons, compte tenu de l’importance des précipitations observées (environ 1 500 mm), le volume de ruissellement est important : le fleuve Tonegawa ( ) présente un module annuel de 8 milliards de m3. Et la région a, pendant longtemps, été confrontée à un excès d’eau plutôt qu’à une rareté. Dès le XVIIe siècle, deux fleuves importants de la région, le Tone1 ( ) et l’Ara ( ), ont été détournés, non pour assurer l’approvisionnement en eau d’une Edo en pleine expansion, mais pour, au contraire, la protéger des inondations dévastatrices qu’ils provoquaient. 1. Les noms des rivières et des fleuves japonais se terminent toujours pas le suffixe kawa ou gawa ( ), qui signifie cours d’eau (indifféremment rivière ou fleuve). Le Tone ( ) se dit ainsi Tonegawa ( ), l’Ara ( ), Arakawa ( ). © 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Les transferts massifs d’eau, Sous la direction de Frédéric Lasserre, ISBN 2-7605-1379-3 • D1379N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés 142 Les transferts massifs d’eau Pourtant, l’agglomération de Tokyo ( ) est confrontée à une récurrence d’épisodes de rareté de l’eau, souvent saisonniers, mais qui imposent, malgré tout, une gestion délicate des volumes des réservoirs et un rationnement des quantités disponibles. Peu avant les Jeux Olympiques de Tokyo de 1964, la précarité de l’approvisionnement en eau de la région s’est transformée en problème majeur : c’est d’ailleurs de cette époque que date l’expression de « désert de Tokyo2 ». Au cours de la période 1975-1995, huit sécheresses ont affecté sérieusement l’approvisionnement en eau de Tokyo. Comment est-on donc passé d’une situation de surabondance, à un déficit récurrent ? Comment les pouvoirs publics gèrent-ils et planifient-ils l’offre et la demande en eau de la région ? 1. DES EAUX ABONDANTES, MAIS DIFFICILES À MOBILISER La région du Kanto dispose de beaucoup d’eau: les précipitations atteignent entre 1 200 (bassin du Tonegawa à Maebashi) et 1 600 mm, avec des pluies abondantes en juin (tsuyu ou la saison des pluies) et en septembreoctobre avec la saison des typhons. Par ailleurs, la couverture neigeuse des montagnes de l’Ouest du Kanto (massif de Mikuni ) assure un certain débit aux fleuves au printemps. La question de la sécurité de l’approvisionnement en eau est ici un problème de rareté relative, puisque l’eau abonde : le problème procède de l’accroissement rapide et récent d’une demande très concentrée dans l’espace. La fréquence statistique de récurrence du manque d’eau à Tokyo est aujourd’hui de 3 ans, contre 7 à New York, 11 ans à San Francisco et 15 ans à Londres3. 1.1. DÉVIER LES FLEUVES POUR GÉRER L’ABONDANCE EXCESSIVE Cette abondance d’eau dans une plaine sédimentaire récente (apparue voici environ 6 000 ans) explique le souci du shogounat des Tokugawa, à la fin du XVIe siècle, de détourner le Tone et l’Ara afin de protéger Edo ( ), qu’il choisirent comme siège de leur gouvernement militaire en 1603. Deux canaux furent ainsi creusés, le Tonegawa Tôsen ( , 1594-1654) qui détourna la Tone de la baie de Tokyo vers le Pacifique, et 2. Japan Water Agency, « JWA and Its Experience on River Basin Management », , consulté le 5 janvier 2005. 3. Water Resources in Japan, , consulté le...

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