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© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Les transferts massifs d’eau, Sous la direction de Frédéric Lasserre, ISBN 2-7605-1379-3 • D1379N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés INTRODUCTION L’eau existe en quantité finie. Elle tombe et s’écoule sur Terre selon les climats. Hommes et eau ne se trouvent donc pas nécessairement concentr és aux mêmes endroits. Ce décalage parfois observable entre les populations et l’abondance de l’eau est à l’origine de l’idée de transfert massif : s’il n’y a pas assez d’eau en un endroit, apportons-la depuis un lieu où elle abonde. Cette approche n’est évidemment pas la plus répandue en matière de gestion de l’eau: celle-ci est lourde, se transporte mal et s’emploie donc essentiellement localement, là où elle est rendue disponible. Tel est d’ailleurs un des pièges des données statistiques par pays, qui laissent entrevoir des quantités relativement importantes par habitant aux ÉtatsUnis (9 250 m3 par an en 1995) ou en Chine (2 295 m3), voire très importantes comme en Namibie (29 622 m3), mais gomment totalement les disparités spatiales dans la répartition des eaux et des hommes. Ainsi, le © 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Les transferts massifs d’eau, Sous la direction de Frédéric Lasserre, ISBN 2-7605-1379-3 • D1379N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés 2 Les transferts massifs d’eau nord de la Chine ne dispose que de 700 à 800 m3/hab/an, alors que le sud bénéficie d’une grande abondance avec 32 000 m3 ; en Namibie (29 622 m3/hab en 1995), l’eau apparemment abondante est concentrée dans les fleuves frontaliers, mais le centre du pays demeure désertique. Face à une crise de l’eau annoncée, et à son corollaire trop souvent évoqué, les guerres de l’eau du XXIe siècle, les solutions de la gestion intégrée1 paraissent parfois de faible poids en regard de l’ampleur des difficultés à résoudre. Gérer, à l’échelle d’un bassin versant, les besoins de plusieurs pays, et, dans chaque pays, de plusieurs secteurs souvent concurrents, n’est pas une mince entreprise, surtout si une méfiance durable s’est installée entre les différents gouvernements. Les cours d’eau peu ou pas aménagés présentaient souvent l’avantage de disposer de nombreux sites où édifier des barrages. Au fur et à mesure que ceux-ci ont été construits, leurs coûts relatifs ont été croissants pour des rendements déclinants : il est donc de moins en moins crédible d’affirmer que la solution à la rareté réside dans la multiplication des ouvrages. La concertation entre États, et aussi au sein de chaque société, afin de déterminer la répartition de la ressource et la gestion de la demande, se révèle de plus en plus l’avenue la moins coûteuse pour gérer la crise, à tout le moins pour atténuer les effets de la rareté croissante. Pareille entreprise n’est certes pas aisée : sur quelle base négocier avec ses voisins pour obtenir ce que l’on considère comme une juste part des fleuves et des aquifères communs ? Comment présenter au mieux un plan de gestion de la demande en eau qui introduira des restrictions à l’augmentation des usages, voire imposera une diminution de ceux-ci à certains secteurs de la société ? Et comment, politiquement, accepter les conséquences sociales ou économiques de ces arbitrages : exode rural, baisse de la production agricole, dépendance alimentaire accrue ? De fait, la tentation est parfois grande de penser qu’à défaut de barrages, une autre option technique pourrait faire l’affaire : les aqueducs conduiront l’eau dont le manque vient remettre en cause le mode de consommation de la société. Et, comme les besoins sont grands et les coûts tout autant, les projets de transferts d’eau impliquent de grands 1. La gestion intégrée...

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