In lieu of an abstract, here is a brief excerpt of the content:

© 2009 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Les médias québécois sous influence?, Yves Théorêt, Antoine Char et Margot Ricard (dir.), ISBN 978-2-7605-2213-8 • G1602N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés LE CAS DU CIRQUE DU SOLEIL ISABELLE MAHY Professeure, Département de communication sociale et publique, Université du Québec à Montréal Mon propos porte sur le cas du Cirque du Soleil1, lequel ne laisse personne indifférent. Fleuron de la créativité québécoise, reconnu mondialement, présent à Hollywood, à Las Vegas, à Macao, à Tokyo, sous chapiteau en tournée, dans les arénas, dans des salles conçues spécialement pour chacun des spectacles fixes, le Cirque du Soleil est une réussite incontestable, que l’on aime ou pas ce qu’il produit. Il y en a que ça agace. Ne dit-on pas qu’ici, on aime les héros qui tombent au combat et qui se relèvent. On a plus de mal avec les héros qui réussissent sans tomber et peut-être que, spontanément, une distance se crée. Ils sortent de notre panthéon identitaire pour entrer dans un autre cercle de héros, américain celui-là. Le Cirque réussit-il à échapper à l’influence américaine ? À cette question, je réponds qu’il ne tente pas d’y échapper, car son identité est ailleurs, dans l’hypermodernité, celle qui puise à toutes les influences, que tous les courants intéressent. Je parlerai donc plutôt d’opportunisme et de choix stratégiques associés à une porosité esthétique qui fait du Cirque une caisse de résonance bien en phase avec son époque. Je développerai mon propos en trois points. Tout d’abord, je vais exposer la tension dialectique qui surgit dès qu’on aborde la question du Cirque: on l’aime ou on le déteste. Nous verrons pourquoi. Ensuite, je vais traiter d’un des leviers de réussite du Cirque: sa maîtrise de la gestion 1. J. Mahy, Artistes et managers, ethnographie du Cirque du Soleil, thèse présentée comme exigence partielle pour l’obtention d’un Ph. D. en sciences humaines appliquées, Montréal, Université de Montréal, 2005. 82 Les médias québécois sous influence?© 2009 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Québec, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Les médias québécois sous influence?, Yves Théorêt, Antoine Char et Margot Ricard (dir.), ISBN 978-2-7605-2213-8 • G1602N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés stratégique du désir et finalement, j’aborderai ses pratiques d’enracinement , directement branchées sur les sources culturelles des lieux qu’il conçoit; des lieux à haute teneur poétique. Ces incursions permettront peut-être de nuancer les perceptions en redonnant sa juste place à la part d’américanité du Cirque sans l’y engloutir. Dialectique circassienne On le méprise, on le jalouse, on l’encense avec autant d’élan que d’émotion. En fait, il suscite les passions. Nous (le public) sommes entrés en rapport passionnel d’amour et de haine avec le Cirque, avec les années, avec le temps, au fil de ses choix et de ses propositions artistiques. Ce rapport passionnel que nous entretenons agace nos sensibilités: nous nous sentons interpellés par les contradictions dans lesquelles le Cirque nous entraîne: Les choix esthétiques versus les attentes du public L’intégrité artistique versus la rentabilité; L’innovation versus le déjà vu; La présence d’un jet set circassien avec son entourage versus la plèbe qui ne peut pas s’offrir les tapis rouges réservés aux invités de marque; … L’art versus les affaires. Le Cirque suscite la polémique: a-t-il délaissé son identité que l’on voulait québécoise (pure laine?) pour se métamorphoser en une créature américaine (laine impure?)? Le Cirque a-t-il perdu son âme et est-il devenu américain en s’installant à Vegas? Sin City2 l’aurait-il dévoyé au...

pdf

Back To Top

This website uses cookies to ensure you get the best experience on our website. Without cookies your experience may not be seamless.