restricted access 5. Sécurité alimentaire et insertion socioprofessionnelle
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5 Sécurité alimentaire et insertion socioprofessionnelle La Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve Christine Champagne, Jean-Marc Fontan et Juan-Luis Klein La Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve (CCHM) est un organisme communautaire accueillant et accompagnant différents groupes de cuisine collective, qui s’est diversifié pour aussi devenir une entreprise d’insertion offrant des emplois formateurs à une clientèle faiblement qualifiée en phase de réinsertion professionnelle. Ce cas nous permettra de mettre en relief la réponse spécifique du milieu d’Hochelaga-Maisonneuve aux défis de la sécu­ rité alimentaire et de l’insertion en emploi. Nous verrons que cette réponse privilégie la prise en charge et l’autonomisation de l’individu. 1. Le territoire d’action de la Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve La Cuisine collective œuvre dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve de l’ar­ rondissement Mercier−Hochelaga-Maisonneuve,un quartier de 45 070 habitants (en 2006) touché par un processus double d’appauvrissement et 024162.indb 97 04/10/11 4:37 PM 98 Initiatives locales et lutte contre la pauvreté et l’exclusion gentrification. Ce sont 36 % des habitants qui vivent sous le seuil du faible revenu, comparativement à 23 % pour l’île de Montréal. Le quartier comprend une présence forte de locataires (81 %) et d’habitations à loyer modique, et près de 9 % des ­ logements nécessiteraient des réparations majeures (Ville de Montréal, 2004). La pauvreté qui caractérise la population de ce quartier de Montréal s’exprime entre autres par une situation d’isolement, avec 26 % de personnes vivant seules, surtout des aînés, comparativement à 18 % pour l’île de Montréal (Centraide, 2009). Elle s’exprime aussi par un taux de monoparentalité de 51 %, très supérieur à la moyenne montréalaise de 33 %. L’un des défis majeurs auxquels doivent faire face les organismes communautaires dans le quartier est donc celui d’aider ces personnes à remédier aux problèmes liés à l’isolement, à l’exclusion et à la précarité financière (Centraide, 2006). L’arrondissement de Mercier−Hochelaga-Maisonneuve demeure un bastion francophone sur le territoire multiethnique de la ville de Montréal, et ce, malgré les changements ayant eu cours récemment. Au recensement de 2006, 86,1 % avaient le français pour langue parlée le plus souvent à la maison et 52 % de la population étaient unilingue francophone. L’arrondissement dans son ensemble a connu une légère hausse de la proportion des immigrants passant de 15 % en 2001 à 18 % en 2008 (CSSS, 2008), mais dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, la proportion des immigrants n’est que de 13,7 %. Dans ce quartier, on compte quelque 395 organismes communautaires et entreprises d’économie sociale (CDEST, 2007). Ces organismes sont implantés depuis quelque trente années. Selon la Corporation de développement de l’Est (CDEST), les retombées économiques de ces organisations sont importantes, surtout en ce qui concerne l’emploi (CDEST 2007 et Entrevue 5).Les organismes communautaires et d’économie sociale œuvrent principalement dans les secteurs du sport, loisir et récréotourisme, de la petite enfance, du logement, de la santé et des services sociaux, et auprès des jeunes (CDEST, 2007). Les organisations communautaires sont majoritairement réseautées, ce qui explique la présence de 12 tables sectorielles, organisées et autonomes, à Hochelaga-Maisonneuve (Centraide, 2006). 2. La Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve : de la stratégie domestique à l’entreprise d’insertion La Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve est un organisme communautaire regroupant sous un même toit des groupes de cuisine collective, une entreprise d’insertion (service traiteur) et une entreprise école (gîte). 024162.indb 98 04/10/11 4:37 PM Sécurité alimentaire et insertion socioprofessionnelle • La Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve 99 Cet organisme a pour mission générale la prise en charge des personnes, de leur condition de vie et de leur travail. Les groupes de cuisine collective permettent aux participants de cuisiner ensemble à faibles coûts afin de contrer l’insécurité alimentaire, alors que l’entreprise d’insertion et l’entre­ prise école travaillent à la réinsertion socioprofessionnelle des participants au moyen de formations liées aux postes d’aide-cuisinier ou de préposé à l’hébergement touristique. Ainsi, la CCHM vise, d’une part, à favoriser l’entraide économique et l’insertion sociale des familles à très faibles revenus et, d’autre part, à favoriser l’employabilité. De plus, pour répondre à sa mission, l’organisme...


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Subject Headings

  • Poor -- Services for -- Québec (Province).
  • Marginality, Social -- Québec (Province) -- Prevention.
  • Social integration -- Québec (Province).
  • Economics -- Sociological aspects.
  • Economics -- Québec (Province) -- Sociological aspects.
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