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c h a p i t r e 7 LES PRINCIPES THÉRAPEUTIQUES Le travail thérapeutique qui se poursuit dans les ressources alternatives de traitement s’articule autour d’un certain nombre de principes. Telle que nous l’entendons ici, cette notion renvoie à ce sur quoi les ressources alternatives de traitement mettent l’accent lorsqu’elles parlent de traitement, et aux formes plus concrètes qu’y revêt le travail thérapeutique. Les récits des différents acteurs mettent en relief l’ampleur du travail thérapeutique engagé dans les ressources alternatives de traitement, ainsi que la pluralité des dimensions qu’il met en œuvre. D’importantes résonances existent ici entre les ressources. Certaines différences apparaissent aussi, particulièrement dans les récits des intervenants et des responsables. On peut d’ailleurs penser qu’une part significative de la singularité de chacune des ressources alternatives de traitement réside dans les principes thérapeutiques qu’elle met de l’avant. Nous ne pouvons faire justice ici à la richesse des pratiques dont nous ont parlé les personnes que nous avons rencontrées, mais nous allons en dégager certaines lignes de force. Sur la base des récits des différents acteurs, on peut dire que les principes thérapeutiques auxquels se réfèrent les ressources alternatives de traitement recouvrent des questions telles que la manière de comprendre ce qui est fondamentalement en jeu chez la personne souffrante; les grandes dimensions touchées dans le travail thérapeutique ou son extension; les cibles du travail (nous touchons aussi ici ce qui est de l’ordre du projet thérapeutique de la ressource); les appuis ou moyens privilégiés pour ce travail; les conditions du travail thérapeutique. Pour chacun de ces points, nous commencerons par aborder les thèmes autour desquels se rejoignent globalement la plupart des ressources; quant aux différences, elles seront traitées au fur et à mesure, en relation 102 le mouvement de l’être avec chacun de ces points. Ce mode de présentation, un peu différent de celui des deux chapitres précédents, vise à faire ressortir davantage le caractère dynamique des dimensions du traitement dans les ressources alternatives en santé mentale. 1. Une compréhension de ce qui est fondamentalement en jeu chez la personne souffrante De façon générale, le travail sur les symptômes proprement dits n’occupe pas une place centrale dans les récits. Lorsqu’on les mentionne, les sympt ômes sont souvent compris comme des défenses; on parle aussi parfois de déficits, mais symptômes et déficits ne sont jamais présentés comme étant au centre de l’expérience. Ce n’est pas sur eux que porte l’essentiel du travail thérapeutique, mais plus fondamentalement sur l’expérience de la personne. Les récits évoquent directement ou indirectement la limite des prises en charge dominantes de la souffrance psychique et relationnelle. Souvent, malgré un passage par la psychiatrie, «rien n’a été vraiment touché » auparavant quant aux principaux enjeux de la souffrance (int. 2, ress. G). C’est ce dont témoignent les récits de plusieurs usagers: «On était resté à la surface » (us. 1, ress. G). Dans les ressources alternatives de traitement, la souffrance des usagers est le plus généralement abordée en termes d’expérience et d’histoire personnelles. On remarque «à quel point la santé mentale est reliée à l’expérience de vie dans l’enfance» (int. 1, ress. D) et on souligne que les troubles psy­ chiques et relationnels touchent souvent «des êtres infiniment blessés» (int. 1, ress. H), «des vies de traumatismes» (int. 1, ress. G). Lorsqu’ils évoquent leur histoire, plusieurs usagers parlent de « traumatismes », de «blessures», de«souffrances imprimées dans le corps» (us. 1, ress. F). Les récits des intervenants et des responsables de ressources situent la souffrance rencontrée chez les usagers dans un contexte social plus large. Ils évoquent «une vision aussi sociale des problèmes en santé mentale» (resp. ress. C), «une lecture psychologique et sociale des choses» (resp. ress. G), «pas une lecture strictement psychologique […] on va tenir compte du social» (resp. ress. E). On parle d’une «société qui ne fait pas de sens» (int. 1, ress. F), des «ravages d’une culture et d’une société individualistes» (int. 2, ress. C), de l’effritement du tissu social. On dénonce...

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Additional Information

ISBN
9782760530737
Related ISBN
9782760530720
MARC Record
OCLC
835772347
Pages
222
Launched on MUSE
2013-01-01
Language
French
Open Access
No
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