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c h a p i t r e 1 LES RESSOURCES ALTERNATIVES DE TRAITEMENT EN SANTÉ MENTALE Ce livre porte sur des milieux de pratique non institutionnels qui se sont donné le nom de ressources alternatives de traitement en santé mentale. Au Québec, les ressources alternatives de traitement en santé mentale font partie d’un groupe plus large d’organismes non institutionnels, communautaires1 , ayant développé une diversité d’activités et de pratiques en santé mentale, et qui se reconnaissent comme ressources alternatives2. La plupart des ressources alternatives constituent aussi un milieu de vie et un lieu d’appartenance pour les personnes qui les fréquentent, qui vivent pour la plupart des problèmes de santé mentale graves, et qui pour beaucoup se trouvent dans des situations de grande précarité sociale. De façon générale, les ressources alternatives ont vu le jour à partir d’initiatives locales le plus souvent indépendantes les unes des autres, en réponse aux manques perçus dans le système de services existant et de demandes émergeant de 1. De manière plus large, on a souvent souligné la grande richesse des pratiques et des approches issues des organismes non institutionnels et communautaires du Québec, leur contribution importante au champ social et au champ sanitaire, ainsi que leur apport au renouvellement des approches et des pratiques. Voir notamment Lamoureux (2002); Poirel, Lacharité et Rousseau (2006). 2. On retrouve parmi les principales activités des ressources alternatives en santé mentale la défense des droits, l’entraide, l’accompagnement de la crise, l’hébergement, la thérapie sous différentes formes, le soutien dans la communauté et l’accompagnement dans une démarche de retour au travail. Certaines ressources se spécialisent autour d’une activité ou d’un volet particulier. D’autres ont une vocation plus large et diversifiée. 6 le mouvement de l’être la ­ communauté locale3. Depuis leur apparition dans les années 19704, les ressources alternatives en santé mentale ont voulu proposer un «ailleurs» et un «autrement» pour les personnes touchées par la «folie»: accueillir la souffrance «ailleurs et autrement», et donner parole et citoyenneté à des personnes qui vivent des problèmes de santé mentale5. Dans le paysage plus large des approches et des pratiques en santé mentale au Québec, ces ressources se distinguent par une philosophie, une approche et des pratiques traversées par une triple exigence: un regard critique porté sur la psychiatrie institutionnelle et la société; une contribution au renouvellement des pratiques en santé mentale; l’exigence éthique que comporte le rapport à la personne souffrante. D’emblée, ces ressources se sont ainsi posées comme des espaces de résistance: par rapport à ce qui leur apparaît comme un oubli de l’humain dans le système des soins et des services publics en santé mentale et en psychiatrie, un système qu’elles perçoivent comme largement rivé à des préoccupations de gestion; par rapport aux répercussions du réductionnisme biologique qu’elles observent et dénoncent dans les approches et les pratiques qui dominent le champ de la santé mentale; enfin, par rapport aux effets des tendances déstructurantes et déshumanisantes qui dominent la société contemporaine. Leur positionnement relativement à l’État et aux services publics apparaît d’embl ée complexe: organismes non institutionnels financés par l’État, les ressources alternatives en santé mentale revendiquent leurs différences et leur spécificité; elles refusent une complémentarité qui serait orchestrée par le système public, à partir de repères qui sont extérieurs aux modèles de pratique alternatifs. Pourtant, dans un contexte qui promeut de plus en 3. Parmi les fondateurs de ces ressources figurent à la fois des intervenants formés dans diverses disciplines des sciences humaines et sociales et des personnes «psychiatrisées», selon les termes que ces personnes utilisaient et revendiquaient alors. 4. Relativement peu nombreuses dans les années 1970, les ressources alternatives en santé mentale dépassent maintenant la centaine d’organismes; on en retrouve dans les différentes régions administratives du Québec. 5. Après s’être donné une structure commune à partir de 1983 avec la constitution du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ), les ressources alternatives se sont dotées en 1991 d’un manifeste qui pose les bases d’une approche alternative en santé mentale qui sera réaffirmée et réénoncée...

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Additional Information

ISBN
9782760530737
Related ISBN
9782760530720
MARC Record
OCLC
835772347
Pages
222
Launched on MUSE
2013-01-01
Language
French
Open Access
No
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