restricted access Chapitre 9 : Le réseautage de l’intelligence : Le développement d’un tissu régional dynamique
In lieu of an abstract, here is a brief excerpt of the content:

© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Pierre-André Julien, ISBN 2-7605-1329-7 • D1329N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés C h a p i t r e 9 Le réseautage de l’intelligence Le développement d’un tissu régional dynamique L’Espèce se multiplie dans un pays où l’abondance fournit aux enfants, sans rien diminuer de la subsistance des pères. L’égalité même des citoyens, qui produit ordinairement de l’égalité dans les fortunes, porte l’abondance et la vie dans toutes les parties du corps politique et la répand partout. MONTESQUIEU, CXXII e lettre persane C omme nous l’avons indiqué dans le chapitre 6, les entreprises et les entrepreneurs ont toujours fonctionné en réseaux personnels et d’affaires. Si l’existence des réseaux personnels relève du besoin pour tous de partager ses idées avec d’autres, le premier 274 ENTREPRENEURIAT RÉGIONAL ET ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Pierre-André Julien, ISBN 2-7605-1329-7 • D1329N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés fondement des réseaux d’affaires peut remonter à la vieille théorie de la division du travail sinon à celle des avantages comparatifs qui lui est associée. Dans le premier cas, Adam Smith avait rappelé dès le xviiie siècle qu’il n’est pas avantageux pour quelque producteur que ce soit d’essayer de tout faire, mais préférable de travailler avec d’autres producteurs situés en amont et en aval pour mieux se concentrer sur ce qu’on fait de mieux. Dans le second, la théorie des avantages comparatifs de Ricardo ajoutait qu’il est bénéfique de restreindre même certaines activités dans lesquelles on peut être efficace pour se concentrer sur celles qui génèrent une plus grande valeur encore ou un plus grand profit. C’est l’idée même sur laquelle repose la théorie du retour sur le métier ou aux compétences centrales, c’est-à-dire là où l’on peut tirer le maximum de valeur de ses compétences, en laissant à d’autres firmes le soin de produire ce qui rapporte moins. C’est l’application parfaite du système de districts industriels dans lesquels les entreprises se concentrent chacune sur un élément de la chaîne de valeur pour finalement offrir ensemble un produit pouvant concurrencer des biens provenant d’autres entreprises concentrées mais soutenues par une bureaucratie coûteuse. C’est aussi la tendance des récentes décennies à l’externalisation d’une partie des productions, comme celle de l’automobile, pour créer un système de sous-traitance en cascade (Lamming, 1995). Dans le cas des industries matures à produits complexes et changeants, il n’est particulièrement pas avantageux d’essayer de tout faire soi-même, même si l’on peut être très productif. En se spécialisant, on diminue le poids de l’inertie de la grande taille et l’on augmente la flexibilité nécessaire dans une économie de plus en plus globale s’exprimant, par exemple, par un rythme élevé d’innovation partagée. Mais ces deux théories complémentaires ne suffisent pas à expliquer pourquoi on devrait travailler avec des réseaux d’information avancée, notamment des réseaux à signaux faibles. Le deuxième fondement relève de l’économie de la connaissance et de l’approche basée sur les ressources et les compétences. Comme nous l’avons dit, dans cette théorie les avantages concurrentiels de la firme reposent non pas sur des ressources qui seraient rares et inimitables, mais sur une combinaison dynamique et donc difficilement imitable de compétences à la base des savoirs et de savoir-faire qui permettent à l’entreprise de répondre de façon spécifique à chaque client et de se distinguer ainsi de ses concurrents. Ces...


pdf