restricted access Part 3 : Information, réseaux et innovation : Les conditions nécessaires et suffisantes de l’entrepreneuriat
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INFORMATION, RÉSEAUX ET INNOVATION Les conditions nécessaires et suffisantes de l’entrepreneuriat D ans les chapitres précédents, portant sur les acteurs du développement, nous avons présenté divers paradoxes qu’il faut dépasser pour pouvoir avancer dans l’étude de la dynamique de l’entrepreneuriat endogène dans l’économie de la connaissance. Un premier paradoxe montre que les entrepreneurs recherchent l’indépendance alors que leurs besoins de connaissance complexe sont d’abord et avant tout comblés par les relations qu’ils tissent avec d’autres acteurs. Deuxième paradoxe, ces relations se développent d’abord dans leur milieu et sont stimulées par le capital social, soit l’ensemble des mécanismes collectifs qui jouent un rôle central dans la multiplication des entreprises, même si de prime abord l’entrepreneuriat semble être l’affaire de personnes le plus souvent seules et que l’on peut reconnaître. Quant au troisième paradoxe, nous P a r t i e 3© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Pierre-André Julien, ISBN 2-7605-1329-7 • D1329N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés 180 ENTREPRENEURIAT RÉGIONAL ET ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE avons montré dans le chapitre 5, sur le milieu, que le modèle capitaliste que décrivent surtout les analyses anglo-saxonnes, depuis celle d’Adam Smith jusqu’à celles d’aujourd’hui, n’est qu’un cas particulier (Wallerstein, 1990; Braudel, 1976) puisque la création d’une entreprise est redevable du dynamisme de ce milieu qui évolue au sein d’une culture entrepreneuriale particulière, différente selon les pays et les régions. Lié à ces différences culturelles, le quatrième paradoxe montre que, en dépit de la mondialisation, la très grande majorité des entreprises sont d’abord nationales sinon locales (Grosjean, 2002); même les firmes multinationales sont gérées et orientées selon des méthodes héritées de leurs fondateurs ou de leur direction nationale1 ; mais encore plus, les PME sont encastrées dans leur milieu local, qu’elles exportent ou non de par le monde, à moins d’être rachetées par des entrepreneurs ou des groupes étrangers2 . Ces paradoxes s’observent aussi en milieu criminel, pour reprendre notre métaphore des romans policiers. En effet, les criminels sont aussi des déviants individuels, qui se dévoilent tels plus ou moins soudainement lors d’un crime passionnel ou qui le deviennent en appartenant à une bande criminelle. Ils s’élèvent ainsi contre les normes sociales, mais ne peuvent réussir qu’à la condition de ne pas être rapidement contrecarrés ou d’être épaulés dans leur crime par le milieu. Dans ce dernier cas, les bandes criminelles multiplient les ressources collectives pour diriger et faciliter cette déviance individuelle, et parfois infiltrer tellement la société qu’elle finit par en être imprégnée. Malgré 1. Un exemple parmi d’autres de ces comportements nationaux est l’envoi par Renault d’un cadre français pour redresser Nissan dont elle venait d’acquérir la majorité des parts. 2. Acheteurs qui finissent souvent par vider la nouvelle filiale de certaines des particularités qui expliquaient sa compétitivité ou son dynamisme spécifique, sinon par réorienter les marchés au seul profit du siège social. C’est ce que nous avons constaté à quelques reprises dans des firmes où nous sommes intervenus, sans compter le transfert par d’autres filiales d’erreurs de fabrication à la nouvelle filiale.© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Pierre-André Julien, ISBN 2-7605-1329-7 • D1329N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés INFORMATION, RÉSEAUX ET INNOVATION 181 la mondialisation du crime, ces bandes criminelles demeurent nationales ou ethniques (italiennes, chinoises, russes, etc.), ce qui leur permet de nouer et d’entretenir des complicités très fortes, parfois familiales. La criminalité se développe en particulier dans des sociét...


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