restricted access Chapitre 1 : L'économie de la connaissance : Incertitudes, ambiguïtés et potentialités
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© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Pierre-André Julien, ISBN 2-7605-1329-7 • D1329N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés C h a p i t r e 1 L’économie de la connaissance Incertitudes, ambiguïtés et potentialités Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe. Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne, son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu’il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. […] D’ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S’il n’a qu’un million d’écus dans son trésor, et qu’il en ait besoin de deux, il n’a qu’à leur persuader qu’un écu en vaut deux; et ils le croient. S’il a une guerre difficile à soutenir, et qu’il n’ait point d’argent, il n’a qu’à leur mettre dans la tête qu’un morceau de papier est de l’argent; et ils en sont aussitôt convaincus.» MONTESQUIEU, XXIV e lettre persane 36 ENTREPRENEURIAT RÉGIONAL ET ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél.: (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de: Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance, Pierre-André Julien, ISBN 2-7605-1329-7 • D1329N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés L’ économie fondée sur le savoir est celle dans laquelle le développement est basé essentiellement «sur les capacités à créer et à utiliser les connaissances» (Viginier, 2002, p. 5) et donc finalement sur la transformation de l’information en innovation de toute sorte. Les connaissances servent à changer les produits et les processus, et à soutenir le caractère distinctif des entreprises et leur compétitivité. Nous entrons ainsi dans une économie de plus en plus de l’immatériel, dans laquelle les investissements traditionnels comme les ressources naturelles, les équipements et les infrastructures passent au second rang, après les investissements immatériels, notamment la formation et la R-D. Certains chercheurs rappellent toutefois que cette transformation de l’économie est encore à faire1 ou, au contraire, n’est pas nouvelle (Howitt, 1996), ou encore qu’elle relève du mythe (Gadrey, 2000). On sait aussi que la mondialisation du crime est très ancienne: pensons à la guerre en 1900 entre la France et l’Angleterre, appelée guerre des Boxers, pour empêcher les Chinois de chasser les étrangers dont un bon nombre soutenaient la production et le trafic extrêmement lucratif de la drogue, notamment entre la Chine et les capitales européennes. Dans les romans de Conan Doyle, l’auteur décrit même l’héroïnomanie2 de Sherlock Holmes que le docteur Watson ne pouvait empêcher. Il est vrai que la production de savoirs et l’innovation ont toujours été importantes pour expliquer le développement (Foray et Lundval, 2000). Ainsi, Schumpeter (1939) précisait que la phase montante des longs cycles économiques, tels les Kondratieff de vingt-cinq ou trente ans, provenait de l’accélération de la connaissance, qui entraîne des changements technologiques majeurs, alors que la phase descendante s’expliquait par l’épuisement de ces derniers et la diminution des connaissances permettant de les renouveler. Témoin, la première révolution industrielle qui s’est accélérée justement avec la multiplication d’innovations de toutes sortes dans les manufactures après l’introduction de la machine à vapeur; laquelle révolution faisait suite à celles qu’avaient constituées aux XVII e et XVIII e siècles les innovations majeures 1. L’OCDE (2001) parle plutôt de «transition vers l’économie du savoir». Un des dix défis que l’Union européenne vient de se donner est justement d’entrer dans la future société apprenante ou du savoir, rappelant ainsi qu’elle n’y est pas encore (IRTS-JRC, 2000). 2. Holmes, dans L’homme...


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