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© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : Réclusion et Internet, Jean-François Pelletier, ISBN 2-7605-1259-2• D1259N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés LA PSYCHOTOPSIE THÉRAPEUTIQUE L’originalité de la théorie de la réclusion, répétons-le, provient de sa capacité à rendre compte, en tant que seul et même phénomène, de deux enjeux qui auparavant n’étaient appréciés que distinctement. La réclusion, c’est l’addition de l’exclusion sociale, plus ou moins volontaire du malade mental, et de l’inclusion, recherchée par divers programmes gouvernementaux, comme le programme d’Insertion sociale (INSO) dont les chroniqueurs du journal Le Ruisseau font partie. Au fil des pages consacrées à la judiciarisation, nous prenions soin de définir ce terme en tant que paradigme de portée générale et non seulement comme le cheminement par lequel un individu, avant d’obtenir des soins psychiatriques, est traduit devant un juge. Nous faisions aussi ressortir les origines religieuses du pouvoir et de la thérapie psychiatrique, ainsi que sa vocation moralisatrice et normalisatrice. Maintenant, il importe de placer sur un pied d’égalité la psychiatrie et ce qui se présente comme son contraire, l’antipsychiatrie. Nous verrons que la conception dite antipsychiatrique, qui inspire le mouvement communautaire, ne réussit pas à surmonter les écueils qu’il décèle dans l’ancien modèle typiquement médical. Tout comme il fallait mettre à égalité la réaction sociale et l’action gouvernementale, nous en viendrons aussi à parler du discours psychiatrique/antipsychiatrique comme se côtoyant en parfaite complémentarité. 5.1. LE DISCOURS PSYCHIATRIQUE-ANTIPSYCHIATRIQUE L’antipsychiatrie est depuis longtemps à l’étude dans les facultés de médecine. Ce corpus se fonde sur diverses théories sociofamiliales de la schizophrénie, théories qui permettent de réintégrer la personne par rapport 5 C H A P I T R E 76 RÉCLUSION ET INTERNET© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : Réclusion et Internet, Jean-François Pelletier, ISBN 2-7605-1259-2• D1259N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés à un tout sociofamilial. Cette réhabilitation implique une revalorisation du statut du malade parce qu’il n’est plus le seul vecteur de la problématique. Les propos de celui-ci prennent alors valeur de critique sociale et les plus romantiques révolutionnaires y voient même du génie (Delacampagne, op. cit.). Certes, les tenants les plus fermes du modèle médical reconnaissent que «les études psychosociologiques sur la famille ont eu l’avantage de porter le regard au-delà du sujet malade, ce qui s’est montré d’un puissant intérêt pour le soigner» (Ey, 1989, op. cit., p. 501). Cependant, ils craignent «que la réduction psychosociologique de la psychose évacue la plus grande part de son contenu vivant, douloureux et tragique» (idem, p. 502). Ainsi, pour eux, ce qu’il y a de véritablement tragique se rapporte à la dimension biologique de ladite maladie. Or, lorsqu’on consulte ce que les patients expriment sur leur situation, on relève des préoccupations davantage spirituelles que médicales, ce que peut expliquer la théorie de la réclusion, et non le modèle médical, en tant qu’économie des transferts d’être et de prestige. Quant à elle, l’antipsychiatrie se berce d’une certaine utopie en ignorant que toute relation d’intervention en est une de pouvoir, même lorsque cette relation se veut non médicale. Depuis Erving Goffman (Goffman, 1968, op. cit.), nous savons en effet qu’il y a des relations de pouvoir et d’influence même à l’intérieur d’un groupe composé à 100% de patients. Il est illusoire de penser qu’un organisme exclusivement dirigé par ces personnes est nécessairement plus démocratique dans son fonctionnement. Cette prétention est insidieuse parce qu’elle ne favorise pas la compréhension. De prétendre s’impliquer par altruisme fait qu’on ne s’interroge pas sur l’influence ou le pouvoir qu’on exerce...

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Additional Information

ISBN
9782760517646
Related ISBN
9782760512597
MARC Record
OCLC
236375026
Pages
170
Launched on MUSE
2013-01-01
Language
French
Open Access
No
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