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© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : Réclusion et Internet, Jean-François Pelletier, ISBN 2-7605-1259-2• D1259N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés LA PSYCHOTOPSIE POLITIQUE Dans cette section, nous étudions le contexte politique et législatif qui caractérise cette autre étape de désinstitutionnalisation que fut la Politique de santé mentale de 1989. Nous nous interrogeons sur le partage des pouvoirs qu’elle promettait. Nous allons notamment chercher à cerner l’équilibre, ou plutôt le déséquilibre, des prestiges entre l’institution et le secteur communautaire et alternatif. Ce déséquilibre est morbide, alors que les patients désinstitutionnalisés n’ont pas obtenu les ressources nécessaires à leur réint égration sociale, puis psychologique. La Politique de santé mentale, de l’avis général, est en effet un échec, particulièrement en ce qui concerne la reconnaissance et la consolidation financière des organismes communautaires sans lesquels les personnes laissées à elles-mêmes sont en proie à divers désœuvrements. 3.1. LA DÉSINSTITUTIONNALISATION La Politique de santé mentale (ministère de la Santé et des Services sociaux, 1989) a été adoptée par le Gouvernement du Québec en 1989, dans la foulée de la commission Rochon sur le système de santé et des services sociaux. Le rapport Rochon constatait «l’emprise exclusive exercée par les psychiatres sur la détermination des traitements requis par un patient» (ministère de la Santé et des Services sociaux, 1987b, p. 51). La Politique de santé mentale est celle de la «désinstitutionnalisation», car la prévention et la promotion, plutôt que le développement de méthodes typiquement curatives, deviennent prioritaires (Tessier et Clément, 1992). Déplorant le fait que la quasi-totalité des investissements en santé mentale soit dirigée vers les services curatifs, la politique souhaite le rétablissement, le maintien et le développement de la santé mentale. Elle considère «essentiel d’accroître, sur une base récurrente, 3 C H A P I T R E 42 RÉCLUSION ET INTERNET© 2005 – Presses de l’Université du Québec Édifice Le Delta I, 2875, boul. Laurier, bureau 450, Sainte-Foy, Québec G1V 2M2 • Tél. : (418) 657-4399 – www.puq.ca Tiré de : Réclusion et Internet, Jean-François Pelletier, ISBN 2-7605-1259-2• D1259N Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés les ressources financières destinées à des activités de prévention et de promotion en santé mentale» (Comité de la santé mentale, 1994, p. 27). C’est pourquoi le ministère de la Santé et des Services sociaux voulait que les ressources consacrées à la prévention et à la promotion en santé mentale soient augmentées d’année en année de façon à ce qu’elles atteignent, en l’an 2000, 10% des budgets alloués à la santé mentale. La promotion de la santé, notamment de la santé mentale, «repose sur le postulat que les gens connaissent leur besoin. La prescription est remplac ée par une intervention qui a pour point de départ l’apprentissage d’une dynamique sociale et culturelle à laquelle on a confronté une expertise» (ministère de la Santé et des Services sociaux, 1988b, p. 19). On veut que la personne désinstitutionnalisée, c’est-à-dire déhospitalisée, revienne le moins souvent et le moins longtemps possible à l’hôpital. Afin de prévenir la réhospitalisation (Corten, 1993), on souhaite préparer la collectivité, ainsi que le bénéficiaire, à sa réintégration sociale, et ce, grâce à des «approches thérapeutiques et communautaires efficaces» (Comité de la santé mentale, 1993, p. 19). Le « virage préventif» ne va pourtant pas de soi, car il fait appel au partenariat et à la multidisciplinarité. Cela implique une redéfinition du rôle des intervenants qui, désormais, n’appartiennent plus exclusivement au domaine de la santé et des services sociaux (Robert, 1986). En d’autres termes, la formation à la relation d’aide, quelle que soit son orientation théorique, ne suffit plus. Les initiatives de gain de pouvoir impliquent des actions à divers paliers. C’est, en anglais, ce qu’on appelle empowerment. Cette entreprise de conquête...

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Additional Information

ISBN
9782760517646
Related ISBN
9782760512597
MARC Record
OCLC
236375026
Pages
170
Launched on MUSE
2013-01-01
Language
French
Open Access
No
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