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113 Les étudiants africains et la littérature négro-africaine d’expression française 22 Un Nègre à Paris de Bernard Dadié Extrait de Dakar-Etudiant, journal de l’Association générale des étudiants de Dakar (AGED) Elimane Kane Bernard Dadié, déjà connu pour de nombreux ouvrages3 , vient de publier à Présence Africaine Un Nègre à Paris. Dans ce nouveau livre, nous retrouvons dans la façon dont il raconte Paris le délicieux conteur qu’est B. Dadié. Un nègre obtient un cadeau du ciel : un billet d’avion pour Paris. Cette aubaine lui vientd’unamieuropéenhautplacé.C’estunprocédécourant.Ducoup,notrevoyageur devient impatience et frénésie. Il ne voit plus et n’entend plus : il est « déjà pris par Paris comme les génies de chez nous vous prennent les gens et leur enlèvent l’usage de la parole… ». Notre héros, ancien élève de l’Ecole Normale William Ponty et qui n’a pas fait carrière politique comme bon nombre de ses condisciples, arrive à Dakar. Il s’y déambule en « campagnard » dépassé par cette fièvre, ces buildings, ces réunions politiques où il retrouve des visages connus et des préoccupations nouvelles. Il semble indifférent à toute cette agitation et à tous ces soucis, son seul désir est d’être à Paris. Aprèsquelquesdifficultés,luiquialemalheurdenepasêtreunepersonnalitéinvitéedu 14 juillet par le Président de la République, trouve enfin une place et le voilà à Paris. Paris. La ville dont toute sa vie il a rêvé comme beaucoup de ses camarades. Il arrive connaissant d’avance la ville : il a lu et entendu et son séjour va être une confrontation desidéesreçuesaveclaréalité.IlretrouveàParisl’HistoiredelaFranceavecsonsensde conteur, c’est-à-dire en la simplifiant, la poétisant sans jamais la déformer. Paris,c’estaussileParisien.Unhommepressé,agité;quinesereposepasledimanche, et dont la préoccupation première est l’Amour. Le Parisien est souriant, moqueur et à la fois froid, indifférent à l’égard de ses voisins. Il se dit logique mais a des coutumes bizarres : il se suicide pour de jolies jambes, mange au râtelier tous les jours et tous les jours paye le couvert sans jamais l’emporter ; dans les opinions politiques, il se classe selon sa main droite ou sa main gauche … Il y a ainsi de nombreuses notations cocasses qui font penser sans aucun doute aux Lettres Persanes ou mieux encore aux Carnet du Major Thompson. Mais on peut s’étonner légitimement qu’Un Nègre à Paris voit la ville avec presque le même œil qu’un Persan ou qu’unmajoranglais.N’a-t-ilpasrencontréd’autresaspects,luiquiestnoiretressortissant d’une colonie française ? S’il n’a connu aucun problème, il faut alors croire qu’il a eu de la chance et que son cas est réellement exceptionnel. 3. Afrique debout, poèmes (Seghers 1950), Légendes africaines (Seghers 1953), Le Pagne noir, contes (Présence Africaine 1955), La ronde des Jours (Seghers 1956), Climbié, roman (1956). ...

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