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2 Les étudiants africains et la littérature négro-africaine d’expression française 2 Discours d’ouverture Messieurs les invités, Chers camarades et chers amis, Permettez-moi, au nom de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France, de remercier toutes les personnalités qui ont accepté d’honorer de leur présence notre séminaire sur la littérature africaine. Permettez-moi aussi de remercier tous ceux, journalistes ou étudiants, qui ont répondu à notre invitation. C’est la première fois que nous organisons un séminaire sur les problèmes littéraires africains.C’est donc dire qu’il y aura des insuffisances tant dans l’organisation que dans l’élaboration des rapports. Et nous nous en excusons d’avance. Ce qui importe pour nous, c’est de montrer l’importance des problèmes politiques, des problèmes culturels en général et des problèmes littéraires en particulier. Au cours de ce premier séminaire, nous essayerons d’at-tirer l’attention des étudiants sur les problèmes politiques qui se posent à l’occasion de la création artistique et de montrer le rôle social que peuvent jouer les écrivains africains. Si nous devons lutter de façon conséquente contre le colonialisme et l’impérialisme, nous devons le faire dans tous les domaines, y compris le domaine littéraire. Les colonisateurs, pour mieux asseoir leur domination sur nos pays, n’ont pas négligé de recruter des écrivains qui avaient pour tâche, sous le couvert de la littérature, de nous mystifier. Rappelez-vous les Moussa et Gigla, Mamadou et Bineta, Mon Ami Koffi, Les contes des cent et un matins, etc. Dans ce domaine, ils savent être vigilants et savent riposter dès qu’une œuvre commence à mettre en cause leurs intérêts. Rappelez-vous aussi l’interdiction qui a accueilli les poèmes de Keïta Fodéba tels que Minuit. Et là aussi, nous avons le devoir de tirer des leçons de l’attitude de nos « maîtres ». Comme eux, nous avons intérêt à voir quels sont nos amis et nos ennemis parmi les écrivains ; ce travail de clarification est absolument nécessaire en Afrique. Néanmoins, nous essayerons d’aider par nos suggestions et nos critiques bienveillantes certains écrivains égarés, mais honnêtes à retrouver le véritable chemin de la dignité et de la liberté de l’Afrique. Nous sommes fermement convaincu que tout art est engagé dans un sens ou dans un autre. Ce n’est pas le grand critique littéraire Brunetière, très conservateur, qui nous démentira : c’est lui qui écrivait : « l’art a une fonction sociale ». Nous n’insisterons pas sur cette question. Cependant, il n’est pas inutile, pour bien apprécier l’œuvre d’un écrivain, de la replacer dans le contexte de son époque ; il est évident qu’on sera beaucoup plus sévère à l’égard de L’Enfant Noir de Laye Camara qu’à l’égard de Batouala de René Maran. A l’époque où ce dernier écrivait, les perspectives d’une révolution nationale en Afrique n’apparaissaient pas clairement alors que l’auteur du Regard d’un Roi nous livrait son premier roman en plein combat pour l’indépendance. 3 Les étudiants africains et la littérature négro-africaine d’expression française La littérature négro-africaine a connu des fortunes diverses qui ne s’expliquent qu’à la lueur de l’histoire de la colonisation française. Entre la Première et la Deuxième Guerre mondiale, l’Afrique noire comptait très peu d’écrivains. L’insuffisance de la scolarisation,undescorollairesdelapolitiquecoloniale,expliquecettesituation.L’Antillais René Maran, le Berger Peulh autodidacte Bakary Diallo et les écrivains issus de l’Ecole NormaleWilliamPontyproduisirentquelquesromansentrelafindelaPremièreGuerre mondiale et la constitution du Front populaire en France. René Maran, originaire de la Martinique, peut incontestablement faire figure de père du « roman nègre ». Grâce à son expérience dans l’administration coloniale, il a écrit un roman Batouala ayant pour cadre l’Oubangui-Chari, l’une des quatre colonies de l’Afrique équatoriale dont les populations ont été décimées par les travaux forcés. René Maran, influencé dans sa langue et sa technique par les poètes du Parnasse et les écrivains de l’Ecole Naturaliste, porta témoignage contre les « abus » de la colonisation.« Ceromannetâchemêmepasd’expliquer :ilconstate,commeill’écritdanssapr...

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