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Une symphonie concertante : la jeune poésie franco-ontarienne (1970-2000) Louis Bélanger Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean L a fixation des origines de la littérature franco-ontarienne à une époque particulière rend compte d’écarts historiques d’envergure, selon que l’on vise à refléter l’exhaustivité caractéristique de l’approche « des origines à nos jours » ou une perspective plus ciblée de son développement littéraire, à l’enseigne d’événements plus récents et perçus comme points de rupture d’une tradition donnée. Comme le décrit Johanne Melançon1 dans une rétrospective éclairante sur la question, des récits de voyages de Samuel de Champlain et d’Étienne Brûlé aux États généraux du Canadafrançaisen1967,delafondationdelaCoopérativedesartistesduNouvel-Ontario (CANO) en 1972, à la mise sur pied de la maison d’édition Prise de parole en 1973, l’inscription institutionnelle de la littérature franco-ontarienne témoigne de postulats pour le moins divergents en ce qui a trait à sa naissance et, par voie de conséquence, à son âge véritable. De 1970 à 2000, la problématique demeure entière, et ce, en dépit de l’essor institutionnel fulgurant que connaît la littérature franco-ontarienne au cours de cette période. Si, comme le soutiennent Yolande Grisé et René Dionne2 , les sources de l’activité littéraire en Ontario français remontent au xviie siècle, on peut tout aussi affirmer que la normalisation du corpus littéraire franco-ontarien, selon l’expression de François Paré3 , est parallèle au processus d’acquisition d’une autonomie littéraire propre à l’Ontario français qui s’est échelonné de 1980 à 2000. Lapoésiefranco-ontarienneportel’empreinted’unécartcomparableentresesorigines et sa facture contemporaine. Dans son Anthologie de la poésie franco-ontarienne publiée en 1991, René Dionne retient les noms de Benjamin Sulte, de William Chapman et d’Alfred 1 Johanne Melançon, « L’institution littéraire franco-ontarienne : où en sommes-nous en 2004? », dans Ali Reguigui et Hédi Bouraoui (dir.), Perspectives sur la littérature franco-ontarienne, Sudbury, Prise de parole, 2007, p. 137-181. 2 Voir l’anthologie de Yolande Grisé, Pour se faire un nom, Montréal, Fides, 1982; René Dionne, Histoire de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, t. I : Les origines françaises (1610-1760); Les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, 1997. 3 François Paré, « La normalisation du corpus littéraire franco-ontarien », dans Reguigui et Bouraoui (dir.), Perspectives sur la littérature franco-ontarienne, p. 91. Nouveaux territoires de la poésie francophone au Canada 206 Garneau, entre autres poètes représentants de l’Ontario français. Au-delà des polémiques que pourrait susciter la récupération de ces auteurs canadiens-français, québécois ou franco-ontariens, selon la diversité des fondements épistémologiques possibles d’une telle anthologie, c’est la distance historique entre l’identification des origines et son inscription institutionnelle qui révèle l’ambivalence de la « jeunesse » attribuable à la poésie francoontarienne . Au sein même de la période historique retenue aux fins de cette étude, 1970 à 2000, faudrait-il garder comme critère la date à laquelle sont intervenus certains poètes ou celle de leur consécration institutionnelle? Il serait évidemment indéfendable d’édifier une rétrospective de la jeune poésie franco-ontarienne en y intégrant des poètes issus de siècles précédents. En revanche, ce constat ne simplifie pas pour autant le critère de la jeunesse que nous attribuerons à la poésie franco-ontarienne de 1970 à 2000. Si, comme bon nombre d’observateurs de la scène culturelle franco-ontarienne récente, on accepte le postulat que les forces vives d’un théâtre et d’une poésie identitaires ont aiguillonné un éveil culturel sans précédent et donné naissance à une littérature proprement francoontarienne dans ses lieux, ses thèmes, ses auteurs, au début des années 1970, force est de reconnaître une jeunesse essentielle à la poésie qui en a découlé par la suite, du moins, en rapport à l’appellation canadienne-française qui l’avait précédée. L’émergence de cette poésie franco-ontarienne recoupe, en tout et en partie, les années auxquelles nous consa­ crons le présent survol, d’où l’importance de nuancer le...

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Additional Information

ISBN
9782760319905
Related ISBN
9782760307803
MARC Record
OCLC
859673725
Pages
426
Launched on MUSE
2012-08-07
Language
French
Open Access
No
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