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D ^ans le présent de nos vies, notre investissement exige, au point de départ, la mobilisation de notre attention. L'attention, cette habileté à nous investir pleinement dans un objet de pensée, est d'une telle importance que, lorsqu'elle achoppe, des hallucinations peuvent apparaître. Des études de Silbersweig et al. (1995), suivies par celles de Posner et Raichle (1998), démontrent que les personnes schizophrènes avec hallucinations jamais médicamentées présentent une dérégulation de leur système attentionnel, plusparticulièrement du systèmeattentionnel exécutif. Cettedérégulation s'exprime par des comportements précis. Ces personnes sont beaucoup plus lentes que les sujets sains à répondre à la présentation d'un objet d'attention si l'apparition de celui-ci n'est pas prévisible. Elles montrent aussi un contrôle déficitaire des associations sémantiques éloignées ou indirectes que les sujets normaux établissent. Elles éprouventégalementdes difficultés spécifiques à orienterleur attentionvers des cibles situées dans l'hémichamp visuel droit, ainsi qu'un problème de désengagement de leur attention semblable à celui de personnes ayant des lésions du lobe pariétal gauche. Ce dernier problème souligne que leurs difficultés ne relèvent donc pas d'enjeux motivationnels, mais bien attentionnels. Bref, les personnes schizophrènes avec hallucinations se comparent aux sujets sains à qui on demande d'exécuter une tâche, par exemple des mouvements attentionnels sur des cibles visuelles alors qu'ils doivent porter attention àune autretâchecomplexe, par exemple redire une histoire au fur et à mesure qu'ils l'entendent. L'interférence de la secondetâche nuit à l'exécution de cesmouvements chez lesdeux groupes, et ce, de façon encore plus marquée chez les sujets schizophrènes. Posner et Raichle (1998, p. 217)concluent : IIne seraitpas surprenantque lessystèmesde contrôle de l'attention, tellementimportants dans la régulationdu comportement normal, amènent en cas de dysfonctionnementde très sérieux déficits fonctionnels. Un déficit de ces systèmes[...] commence à nous montrer commentnous pouvonsconsidérer la plupart des symptômesparfois étrangesde la maladiecommedes troublesdes fonctions normales. Quels sont donc ces systèmes de contrôle de l'attention ? Le plus fondamental relève de ce que j'ai appelé la vigilance. L'INVENTION DE LARÉALITÉ 13 13 L'INVENTION DE LA REALITE Dans Ie present de nos vies, notre investissement exige, au point de depart, la mobilisation de notre attention. L'attention, cette habilete it nous investir pleinement dans un objet de pensee, est d'une telle importance que, lorsqu'elle achoppe, des hallucinations peuvent apparaitre. Des etudes de Silbersweig et al. (1995), suivies par celles de Posner et Raichle (1998), demontrent que les personnes schizophrenes avec hallucinations jamais medicamentees presentent une deregulation de leur systeme attentionnel, plus particulierement du systeme attentionnel executif. Cette deregulation s'exprime par des comportements precis. Ces personnes sont beaucoup plus lentes que les sujets sains it repondre it la presentation d'un objet d'attention si l'apparition de celui-ci n'est pas previsible. Elles montrent aussi un contraIe deficitaire des associations semantiques eloignees ou indirectes que les sujets normaux etablissent. Elles eprouvent egalement des difficultes specifiques it orienter leur attention vers des cibles situees dans l'hemichamp visueI droit, ainsi qu'un probleme de desengagement de leur attention semblable it celui de personnes ayant des lesions du lobe parietal gauche. Ce dernier probleme souligne que leurs difficultes ne reievent donc pas d'enjeux motivationnels, mais bien attentionnels. Bref, les personnes schizophrenes avec hallucinations se comparent aux sujets sains it qui on demande d'executer une tache, par exemple des mouvements attentionnels sur des cibles visuelles alors qu'ils doivent porter attention it une autre tache complexe, par exemple redire une histoire au fur et it mesure qu'ils l'entendent. L'interference de la seconde tache nuit it l'execution de ces mouvements chez les deux groupes, et ce, de fa Rqui bouge est le S.Àla manière des personnes éprouvant un stress très élevé, les personnes psychotiques semblent se comporter comme si tous les S avaient des rapports substitutifs. Elles n'apprennent plus des situations nouvelles parce qu'elles maintiennent un seul fil de pensée et une seule réponse qu'elles savent pourtant inefficace (Rosenzweig et al., 1998). T Ainsi définie, la personne psychotique ressemble às'y méprendre àn'importe lequel d'entre nous complètement habité par...

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