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L a notion qui s'impose en cedébut de découverte du troisième axe est que notre perception intégrée et unifiée de la réalité provient de l'interaction constante que le cerveaunomade entretient avecson environnement. Les travaux du prix Nobel Gerald Edelman (1989) confirment que l'organisation du cerveau est fortement tributaire de cetteinteraction, une conclusion désormais partagée par nombre de chercheurs, dont Damasio (2003, 2002, 1999, 1994), LeDoux(2002,1996), Changeux (2002,1984), Delacour (2001), Vincent (1996), Laborit (1994) et Hobson (1994,1992,1989). Au départ, Edelman s'intéresse non pas au système nerveux central, mais au système immunitaire. Ses constats sur l'immense potentiel d'adaptation de ce dernier système le conduisent à postuler qu'un potentiel semblable doit aussi prévaloir dans les deux autres systèmes à complexité analogue, soit le système endocrine et le système nerveux. Ce postulat l'incite à modifier progressivement le cours de ses recherches vers le système nerveux central. Il remarque alors que la principale différence entre le système immunitaire et le système nerveux provient du fait que lepremier est constitué de cellules flottant librement dans notre corps, alors que le second est formé de cellules fortement interconnectées. Mais les deux systèmes se ressemblent en ce que leurs structures savent reconnaître une grande variété de situations, vitales comme nocives, et y répondre. Àcettefin,le système immunitaire examine la forme des anticorps qui envahissent notre corps et détruit ceux qui sont perçus comme dangereux, alors que le système nerveux central se construit une représentation des objets d'attention à partir de laquelle il agit, Ces conclusions ont conduit Edelman à développer un modèle du système nerveux central qu'on pourrait qualifier, à la manière de Darwin, de déterminisme interactif :selon cemodèle, une infinité de connexions neuronales est générée de façon aléatoire, mais àpartir de cesconnexions aléatoires,le cerveau fait une sélection en fonction de leurcapacité à répondre aux défis environnementaux qu'il s'est posés. Edelman qualifie d'ailleurs son modèle de darwinisme neuronal. Ce chercheur insiste sur le fait que la survie de chaque réseau d'interconnexions dépend entièrement de sa fonctionnalité. Plus un circuit est fonctionnel, plus il est sollicité, et plus il est sollicité, plus sa survie est assurée. Le sourire illustrebien son point. Les nourrissons sourient tous entre la sixièmeet lahuitième semaine. Ce moment d'apparition est à cepoint systématique qu'il amène certains chercheurs, dont Bower(1972), à postuler qu'il est programmé de façon génétique. Cette hypothèse se confirme lorsqu'on constate que le nourrisson aveugle sourit au même moment que le nourrisson voyant. Cependant, le nourrisson aveugle cesse de sourire quelques semaines plus tard. Cet exemple indique que l'épigenèse assure l'apparition du sourire par activité neuronale LE DARWINISME NEURONAL" 8 8 LE DARWINISME NEURONAL 107 Lanotion qui s'impose en ce debut de decouverte du troisieme axe est que notre perception integree et unifiee de la realite provient de l'interaction constante que Ie cerveau nomade entretient avec son environnement. Les travaux du prix Nobel Gerald Edelman (1989) confirment que l'organisation du cerveau est fortement tributaire de cette interaction, une conclusion desormais partagee par nombre de chercheurs, dont Damasio (2003, 2002, 1999, 1994), LeDoux (2002, 1996), Changeux (2002, 1984), Delacour (2001), Vincent (1996), Laborit (1994) et Hobson (1994, 1992, 1989). Au depart, Edelman s'interesse non pas au systeme nerveux central, mais au systeme immunitaire. Ses constats sur l'immense potentiel d'adaptation de ce dernier systeme Ie conduisent a postuler qu'un potentiel semblable doit aussi prevaloir dans les deux autres systemes a complexite analogue, soit Ie systeme endocrine et Ie systeme nerveux. Ce postulat l'incite a modifier progressivement Ie cours de ses recherches vers Ie systeme nerveux central. II remarque alors que la principale difference entre Ie systeme immunitaire et Ie systeme nerveux provient du fait que Ie premier est constitue de cellules flottant librement dans notre corps, alors que Ie second est forme de cellules fortement interconnectees. Mais les deux systemes se ressemblent en ce que leurs structures savent reconnaitre une grande variete de situations, vitales comme nocives, et y repondre. Acette fin, Ie systeme immunitaire examine la forme des anticorps qui envahissent notre corps et detruit...

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Additional Information

ISBN
9782760317819
Related ISBN
9782760306103
MARC Record
OCLC
759156639
Pages
346
Launched on MUSE
2012-02-08
Language
French
Open Access
No
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