restricted access … sur l’état de l’Union
In lieu of an abstract, here is a brief excerpt of the content:

624 … sur l’état de l’Union J’imagine au Congrès ce message sur l’état de l’Union : situation tragique,        plus ne nous reste au sous-sol que 75 ans de fer       50 ans de cobalt        mais pour 55 ans de soufre et 20 ans de bauxite       au cœur quoi  ?          Rien, zéro,             mine sans minerai,             caverne où rien ne rôde,             de sang plus une goutte. EMMET TILL marine où pétillait la bataille de vin de ton sang de quinze ans. Eux jeunes n’avaient jamais eu d’âge, ou plutôt sur eux pesaient, plus que tous les gratte-ciel, cinq siècles de tortionnaires de brûleurs de sorcières, cinq siècles de mauvais gin de gros cigares de grasses bedaines remplies de bibles rancies cinq siècles bouche amère de péchés de rombières, ils avaient cinq siècles EMMET TILL, cinq siècles est l’âge sans âge du pieu de Caïn.          EMMET TILL je dis :             au cœur zéro,             de sang pas une goutte, et pour le tien qu’il me cache le soleil, qu’à mon pain il se mêle –  « Garçon de Chicago c’est-il toujours vrai que tu vaux autant qu’un blanc ? » Printemps, c’est à toi qu’il croyait. Même au bord de la nuit, au bord du MISSISSIPI roulant entre les hautes berges de la haine raciale ses barreaux, ses tombales avalanches. Au printemps affluant ses rumeurs dans le hublot des yeux. 625 . . . on the state of the Union I imagine this message in Congress on the state of the Union: situation tragic        remaining underground only 75 years’ worth of iron       50 of cobalt        but 55 years’ worth of sulfur and 20 of bauxite       remaining in our hearts what?          Nothing, zero,             a mine without ore,             a cavern where nothing prowls             of blood not a drop. EMMET TILL your eyes were a sea conch in which the vinous battle of your fifteen-year-old blood sparkled. Even young they never had an age, or rather upon them weighed, more than all the skyscrapers, five centuries of torturers of witch burners, five centuries of cheap gin of big cigars of fat bellies filled with slices of rancid bibles five centuries mouth bitter from the sins of biddies, they were five centuries old EMMET TILL, five centuries is the ageless age of Cain’s stake.          EMMET TILL I say:             in our hearts zero             of blood not a drop, and as for yours may it hide my sun, with my bread be mixed: —“Chicago Boy is it still true that you’re worth as much as a white man?” Spring, he believed in you. Even at the edge of night, on the bank of the Mississipi rolling between high banks of race hatred its bars, its barriers, its tombal avalanches. In spring flowing its rumors into the portholes of eyes. 626 Au printemps huchant la panique aumaille dans les savanes du sang. Au printemps dégantant ses fines mains parmi un éclat de coques et de siliques, délieur de caillots à peur, dissolveur des caillots de la haine gonflée d’âge et au fil des fleuves du sang charriant la hasardeuse rubrique des bêtes à l’affût.          Mais Eux eux étaient invulnérables, tardifs qu’ils étaient, et montés, massifs, sur de louches boucs immémoriaux          – «  GARÇON DE CHICAGO »… Autant en emporte le béguètement du vent racial Lui écoute dans le bleu buisson des veines chanter égal l’oiseau-sang, devine par-dessus les berges à sommeil monter dans le bleu champ surprenant Soleil, ton pas furtif, poisson véhément. Alors la nuit se souvint de son bras mou vol de vampire qui tout soudain plana et le gros colt de BIG MILLAM sur le noir mur vivant en lettres de rouille écrivit la sentence et l’état de l’Union : 20 ans de zinc 15 ans de cuivre 15 ans de pétrole       et l’an 180 de ces états       mais au cœur indolore horlogerie       quoi, rien, zéro,       de sang pas une goutte       au carne blanc cœur désinfecté  ? 627 In spring hound-calling the bovine panic in the savannas of the blood, In spring slipping the gloves from its fine hands in a burst of shells and silicas, loosener of fear clots, dissolver of the clots of hatred swollen with age and in the flow of blood-streams carrying the...


pdf
  • You have access to this content
  • Free sample
  • Open Access
  • Restricted Access