À la mémoire d’un syndicaliste noir
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618 À la mémoire d’un syndicaliste noir Qu’une tempête ne décline que le roc ne titube pour celui portail qui fut sûr dont le clairon de feu dans l’ombre et le hasard rustique ne décrut Ô peuple guetté du plus haut mirador et défiant du bâton des aveugles     le nom natal de l’injustice énorme Je t’ai inscrit une fois au centre du paysage sur un fond de cannaie debout au milieu de la glèbe de nos yeux agrandis et d’une sorte semblable à la face d’or noire et haïtienne d’un dieu Vois dans la forêt sans sommeil les amis ont poussé patients tu plissais les paupières tu les plisses aujourd’hui tu ne parlais guère tu ne parles guère moins maintenant tu te contentais de sourire de même tu souris encore très doux d’un sourire né fort des confuses javelles de la terre et de la mer parentes de quels salaires viens-tu encore de discuter sur ton sein noir et calme viens-tu encore de réchauffer suprêmes comme un nœud sacré de couleuvres engourdies les colères d’hivernage et le coutelas des grèves et dans quelle fraîcheur osas-tu retremper ton sourire de rosée comment dans la grande débâcle as-tu mis à l’abri rusé ta grande force secrète ton dur front paysan les eaux calmes prisonnières du mi-rire de tes yeux 619 In Memory of a Black Union Leader Let no tempest subside let no rock stagger for him whose chest was sure whose bugle of fire neither in the dark nor in rustic fate subsided O people watched from the highest mirador and defying with the cane of the blind     the native name of enormous injustice I once placed you in the center of a landscape against a background of cane fields upright in the midst of the sod of our enlarged eyes and somehow resembling the black gold Haitian face of a god See in the sleepless forest friends have sprung up patient you used to wrinkle your brow you wrinkle it still you used to hardly speak you hardly speak more now you used to smile the same as you still smile quite tenderly with a smile born strong from the intermingled sheaves of the kindred earth and sea what wages have you just again discussed on your black and serene breast have you again just revived supreme as a sacred knot of benumbed grass snakes the rainy-season angers and the cutlass of strikes and into what coolness did you again dare to dip your dew-like smile how in the great debacle did you shelter shrewdly your great secret strength your hard peasant face the calm waters imprisoned by the half-laughter of your eyes 620     un doute est mien qui tremble     d’entendre dans la jungle des fleurs     un rêve se frayer Maître marronneur des clartés aurons-nous la force de hisser ce printemps jusqu’au sein où attendent dormants les climats féconds nos membres purs nos ciels impatients    alizés ou autans     réveillez-vous nos races mortes un instant charmeur d’astres un vent mauvais souffle des bagasses pourries ton peuple a faim a soif trébuche ton peuple est un cabrouet qui s’arrache de la boue toujours plein de jurons et cinglé au fil sourd de la nuit noire des cannes d’un sentiment de sabres     toi le refus de la sombre défaite     chef dur soutien des cases     dieu des dégras arbre à pain des coursières en fougère imputrescible je t’ai taillé à révérer sylvestre quand mai dore en chabin la grosse tête crépue de ses manguiers les plus rares le songe s’est levé tu marches toi l’ardeur d’un nom sous la tenace science d’un pays de silence tous te flairent aucun chien n’ose te barrer la route tes murs se sont effondrés les chemins sont boueux de grands cœurs se suicident rouges aux balisiers tu marches pèlerin tu marches et tu souris aux merles du dernier rayon qui picorent les tiques sur le dos des zébus Montreur tout le ciel depuis longtemps s’est éteint la mer au bas dans l’anse incline et ramène à des oiseaux perdus le balancement d’un toit...



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