C’est le courage des hommes qui est démis
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580 C’est le courage des hommes qui est démis L’extraordinaire téléphonie du feu central aux nébuleuses installée en une seconde et pour quels ordres ! La pluie, c’est la manière rageuse dès maintenant et dès ici de biffer tout ce qui existe, tout ce qui a été créé, crié, dit, menti, sali. Où a-t‑on pris que la pluie tombe ? C’est le courage des hommes qui est démis. La pluie est toujours de tout cœur. La pluie exulte. C’est une levée en masse de l’inspiration, un sursaut des sommeils tropicaux ; un en-avant de lymphes ; une frénésie de chenilles et de facules ; un assaut tumultueux contre tout ce qui se terre dans les garennes ; la lancée à contre-sens des gravitations de mille folles munitions et des tur-ra-mas qui sautent en avançant – l’hippocampe vers les enfin et les faubourgs. Enfin ! L’arbre pète à la grenade. La roche éclate. Tendresse : de loin en loin ce grand repos. Tendresse : de loin en loin cet orchestre qui joue et entrelace des pas comme de l’osier qu’on tresse. Tendresse, mais celle des tortures adorables  : la mise en marche d’un incendie de vilebrequins qui forent et forcent le vide à crier étoile. C’est du sang. Du reste on comprend mal comment ça suffit à alimenter la formidable dévolution de chevaux qui de crête en crête rebroussent l’élan des ravins. Il n’y a plus de royauté. Et l’invention est perpétuelle de chants d’extase , de prières écourtées, de cérémonial minutieux d’araigne, de scies qui clapotent, de chevelures dénouées, de lampes de mosquée en verre émaillé qui s’entrechoquent, de mers qui filent et refluent, d’alambics, de serpentins qui à toute vapeur claironnent les condensations inoubliables. Certes inoubliables. Une danse de sagaies comme on n’en a jamais vu et dix mille drapeaux de victoire arrachés aux cétacés et que la terre agite. La vigne de la colère a colporté jusqu’au ciel l’alcool de son repos et du salut. 581 It Is The Courage Of Men That Is Dislocated The extraordinary telephony from the central fire to the nebulae installed in one second and for what orders! Rain is the angry way here and now to cancel out everything that exists, everything that has been created, cried out, said, lied, soiled. Where did the idea that rain falls come from? It is the courage of men that is dislocated. Rain is always wholehearted. Rain exults. It is a massive rise of inspiration, a jolt of tropical sleep; a forward thrust of lymphs; a frenzy of caterpillars and faculae; a tumultuous assault against everything that burrows in warrens; the thrust counter-current to the gravitations of a thousand mad munitions and of the tur-ra-mas* that advance by leaping—sea horses toward the finallys and the suburbs. Finally! The tree bursts like a grenade. The rock explodes. Tenderness: now and then this great repose. Tenderness: now and then this orchestra playing and interlacing steps like plaited wicker. Tenderness, but that of adorable tortures: the setting in motion of a conflagration of bit-braces that drill and force the void to scream star. It’s blood. Moreover it is hard to understand how it is enough to feed the extraordinary devolution of horses that from ridge to ridge turn back the momentum of the ravines. Royalty is no more. And perpetual is the invention of ecstatic chants, of abbreviated prayers, of meticulous spider ceremonial, of saws that splash about, of unknotted chevelures, of colliding enameled glass mosque lamps, of seas flowing and ebbing, of alembics, of coils that trumpet at full steam unforgettable condensations. Unforgettable to be sure. A dance of assagais the like of which has never been seen and ten thousand victory flags torn from the cetaceans and waved by the earth. The vineyard of wrath has peddled to the very heavens the alcohol of its repose and its salvation. ...



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