restricted access Au large
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504 Au large    Les maisons de par ici au bas des montagnes ne sont pas aussi bien rangées que des godillots les arbres sont des explosions dont la dernière étincelle vient écumer sur mes mains qui tremblent un peu désormais je porte en moi la gaine arrachée d’un long palmier comme serait le jour sans ton souvenir la soie grège des cuscutes qui au piège prennent le dos du site de la manière très complète du désespoir des ceibas monstrueux seuls auxquels dès maintenant je ressemblerais dépouillé des feuilles de mon amour je divague entre houle et javelles que fait tumultueuse la parole des albizzias il y a en face de moi un paysan extraordinaire ce que chante le paysan c’est une histoire de coupeur de cannes table du diable savane pétrifiée je suis roi d’un pays aussi inégal que les deux faces       étang ou brisant       de mon visage mais là toujours est la mer et le pur voyage des germes les plus subtils     han le coupeur de cannes     saisit la dame à grands cheveux     en trois morceaux la coupe     ah le coupeur de cannes     la vierge point n’enterre 505 At Sea    Houses out here at the foot of the mountains are not even as well arranged as old boots the trees are explosions whose very last spark goes out washing over my hands that tremble a bit from now on I carry within me the sheath ripped from a tall palm tree as the day would be without the memory of you the raw dodder silk that ensnares the back of the site in the utterly complete way of the despair of monstrous solitary ceiba trees which from this day on I would resemble stripped of the leaves of my love I drift between a swell and swaths formed tumultuously by the speech of albizzias in front of me is an extraordinary peasant what the peasant sings is a tale about cane cutters devil’s table petrified savanna I am king of a country as unequal as the two sides       pond or shoal       of my face but always there is the sea and the pure voyage of the most subtle seeds     woosh the cane cutter     grabs the long-haired lady     hacks her into three pieces     ah the cane cutter     buries not the maiden 506     la coupe en morceaux    les jette derrière     ah le coupeur de cannes chante le paysan et vers un soir de coutelas s’avance sans colère les cheveux décoiffés de la dame aux grands cheveux font des ruisseaux de lumière ainsi chante le paysan il y a des tas de choses dont je ne sais pas le nom et que je voudrais te dire au ciel ta chevelure qui se retire solennellement des pluies comme on n’en voit jamais plus des noix des feux Saint-Elme des soleils lamés des nuits murmurées des cathédrales aussi qui sont des carcasses de grands chevaux rongés que la mer a crachés de très loin mais que les gens continuent d’adorer des tas de choses oubliées des tas de choses rêvées tandis que nous deux Lointaine – ma distraite nous deux dans le paysage nous entrons jamais fané       plus forts que cent mille ruts 507     hacks her into pieces    throws them behind     ah the cane cutter sings the peasant and toward a cutlass evening proceeds without anger the disheveled hair of the long-haired lady makes rivulets of light so sings the peasant there are a whole lot of things whose name I do not know and that I should like to tell you into the sky your chevelure solemnly withdraws rains such as you never see any more nuts Saint Elmo’s fire laméd suns whispered nights cathedrals too that are the carcasses of great gnawed horses spat out from far away by the sea but that people continue to worship a whole lot of forgotten things a whole lot of dreamed things while the two of us Distant One – my inattentive one the two of us into the never faded landscape enter       more powerful than a hundred thousand ruttings ...


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