restricted access Demeure antipode
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456 Demeure antipode Creuset où naît le monde cheveu humus de la première terre cheveu première pierre du souci lorsque la pluie sera le fil dont brin par brin le monde se défait lorsque le soleil sera une araignée où nous perdre un par un lorsque la mer sera un poulpe pour nous cracher nos espoirs à la face lorsque la lune se délovera et nous déroulera son long corps de serpent lorsque le volcan secouera son corps plissé de pachyderme lorsque le vent ne soufflera plus parce qu’on aura oublié de frapper sur les pierres à vent lorsque les pierres cesseront de parler pour avoir trop prêché dans le désert (emmêlement mes veines toute la forêt depuis ses basses branches emmêlement mes veines l’eau tout entière et le régime des feux fidèles emmêlement qui du fond me jettera des nénuphars à la face et mon sang de rachat et mes épaules mieux coulantes que tous les nœuds emmêlement goutte d’eau dans l’alambic précieux des nappes aquifères qui se mettront à la fenêtre et crieront qu’il fait beau dans l’espéranto mal entendu des volutes striées de nos crachats les plus amers) goutte de feu dans la gorge sans hasard du vent luciole et eau je me construirai moi-même en petites gouttes d’eau de feu trop belles pour un autre architecte demeure faite d’eau entrevue au réveil demeure faite de parfums froissés demeure faite de sommeils lamés demeure faite des jabots tendus des lézards engourdis la force m’aligne sur le méridien sans ombre pythons équipages de catastrophes frères dénaturés de ma longitude les routes se haussent à la hauteur des gnomides à l’œil vert se coupent de prières nous couchant en joue sur la passerelle du ciel déréglé de la boussole demeure faite d’une imposition de paumes de mains demeure faite d’yeux rouges de guépard demeure faite d’une pluie de coquilles de sable les coups de revolver me font cette fois une auréole trop vaste pour ma tête qui arrive par portage en pièces détachées 457 Antipodal Dwelling Crucible in which is born the world hair humus of the first earth hair first worry stone when the rain shall be the thread with which bit by bit the world undoes itself when the sun shall be a spider in which to lose ourselves one by one when the sea shall be an octopus to spit our hopes at us in our faces when the moon shall uncoil and shall unroll for us its long serpent body when the volcano shall shake its wrinkled pachyderm body when the wind shall no longer blow because we have forgotten to strike the wind stones when the stones shall cease to speak for having preached too much in the desert (entangling my veins an entire forest down to its lowest branches entangling my veins completely the water and the regime of faithful fires entangling that from the bottom shall dash waterlilies in my face and my blood of redemption and my shoulders slipping better than any knots entangling a drop of water in the precious alembic of water tables that shall go to the window and cry out in Esperanto that the weather is fine poorly understood by the volutes scored by our bitterest spit) a drop of fire in the throat without risk of wind firefly and water I shall assemble myself in little drops of water of fire too beautiful for any other architect dwelling made of water glimpsed upon waking dwelling made of rumpled perfumes dwelling made of spangled sleep dwelling made of distended crops of benumbed lizards strength aligns me on the shadowless meridian pythons crews of catastrophes unnatural brothers of my longitude roads raise themselves to the height of green-eyed gnomides intersected with prayers taking aim at us on the footbridge of the malfunctioning compass sky dwelling made of a laying-on of palms of hands dwelling made of red cheetah eyes dwelling made of a rain of shells of sand the revolver shots give me a halo too vast this time for my head which arrives via portage in spare parts ...


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