Cheval
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452 Cheval À Pierre Loeb Mon cheval bute contre des crânes joués à la marelle de la rouille mon cheval se cabre dans un orage de nuages qui sont des putréfactions de chairs à naufrage mon cheval hennit dans la petite pluie de roses et de sentiments que fait mon sang dans le décor des fêtes foraines mon cheval bute aux buissons de cactus qui sont les nœuds de vipère de mes tourments mon cheval bute hennit et bute vers le rideau de sang de mon sang tiré sur tous les ruffians qui jouent aux dés mon sang mon cheval bute devant l’impossible flamme de la barre que hurlent les vésicules de mon sang mon cheval se cabre devant un grand pilier d’hyacinthe toute pure qui s’élève jusqu’à la gloire du seigneur et descend jusqu’au fond de la merde de mon sang mon cheval se cabre devant une lampe de béryl faite des vers luisants que colporte mon sang je vis aussi un grand cheval de paix ardente qui s’élançait en piaffant d’une saison de pluies de mollusques d’une colère de poils d’une harangue de pyramides d’une camisole de vieux bouchons d’une confusion de crachats de champignons grand cheval mon sang à répandre sur les places publiques mon sang où de temps en temps une femme en perfection de soleil lance toutes ses tiges tubéreuses et disparaît dans une tornade née de l’autre côté du monde mon sang pour pied fraîchement repeint de gibet mon sang qu’aucune canonisation n’a jamais souillé mon sang vin de vomissure d’ivrogne mon sang qu’aucun juge payé n’a jamais entendu je te le donne grand cheval je te donne mes oreilles pour en faire des naseaux sachant frémir mes cheveux pour en faire une crinière des mieux sauvages ma langue pour en faire des sabots de mustang je te les donne grand cheval pour que tu abordes à l’extrême limite de la fraternité les hommes d’ailleurs et de demain 453 Horse For Pierre Loeb My horse stumbles over skulls hopscotched in rust my horse rears in a storm of clouds that are putrefactions of shipwrecked flesh my horse neighs in the fine rain of roses and sentiments that my blood creates in the scenery of the street fairs my horse stumbles over the clumps of cacti that are the entangled vipers of my torments my horse stumbles neighs and stumbles toward the curtain of blood of my blood pulled down on all the pimps shooting craps for my blood my horse stumbles before the impossible flame of the barrier howled at by the vesicles of my blood my horse rears before a great pillar of hyacinth perfectly pure that rises to the glory of the lord and descends to the depths of the shit of my blood my horse rears before a beryl lamp made from fireflies peddled by my blood I saw too a great horse of ardent peace that dashed forward pawing the ground from a season of rains of mollusks of an anger of hairs of a harangue of pyramids of a camisole of old corks of a confusion of mushroom spittle great horse my blood to be spilled in public squares my blood in which from time to time a woman in solar perfection shoots out all her tuberous stems and vanishes in a tornado born on the far side of the world my blood for a foot freshly repainted as a gibbet my blood that no canonization has ever soiled my blood the wine of a drunkard’s vomit my blood that no paid off judge has ever heard I give it to you great horse I give you my ears to be made into nostrils capable of quivering my hair to be made into a mane as wild as they come my tongue to be made into mustang hooves I give them to you great horse so that you may approach the extreme limit of brotherhood the men of elsewhere and of tomorrow 454 avec sur le dos un enfant aux lèvres à peine remuées du sillon qui pour toi désarmera la mie chlorophyllienne des vastes corbeaux de l’avenir. 455 on your back a child of the furrow with barely moving lips who for you shall disarm the chlorophyllian crumb of...



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