Ode à la Guinée
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448 Ode à la Guinée Et par le soleil installant sous ma peau une usine de force et d’aigles et par le vent sur ma force de dent de sel compliquant ses passes les mieux sues et par le noir le long de mes muscles en douces insolences de sèves montant et par la femme couchée comme une montagne descellée et sucée par les lianes et par la femme au cadastre mal connu où le jour et la nuit jouent à la mourre des eaux de source et des métaux rares et par le feu de la femme où je cherche le chemin des fougères et du Fouta-Djallon et par la femme fermée sur la nostalgie s’ouvrant donc peuples de mares couvrez de mares les champs de vos ciels longs aux bas taillis jetez vos prophètes et leurs oiseaux mettez à la nourrice des rouges mourons certes et à l’heure où au cadran des dompteurs le soleil coupe le sein des otaries ô amazones par le vagissement de l’arc par la gloire de mes nuits par mes lombes plus que jamais giclants par la brune odeur d’un matin remué à mes narines du fond d’un délirium sans tremblement       JE TE SALUE Guinée dont les pluies fracassent du haut grumeleux des volcans un sacrifice de vaches pour mille faims et soifs d’enfants dénaturés Guinée bois et plante belle folle et grimpante pierre frottée dont jamais ne jaillit une lumière femelle Guinée à vrilles si tous les gins plus chaudement bus que le sang ourdi des golfes j’avais une sébile à soutirer comme des arbres le sang fructueux de tes femmes par mes pieds salut Guinée forêt salut allée ouverte de tous côtés Guinée oh cris comme le corps des évadés tombant vierges dans le camp posthume de la forêt 449 Ode to Guinea And by the sun installing under my skin a factory of power and eagles and by the wind upon my salt-tooth power complicating its best-known passings and by the black along my muscles in sweet sap effronteries rising and by the woman supine like a mountain unsealed and sucked by lianas and by the woman with the little-known cadastre where day and night play mora for spring water and precious metals and by the fire of the woman in whom I seek the road of ferns and Fouta Jallon and by the closed woman opening upon nostalgia then peoples of the ponds cover with ponds the fields of your long skies into the low copse cast your prophets and put their birds out to the wet nurse of the reds surely let us die and at the hour when on the dial of the subduers the sun slashes the eared seal’s breast oh amazons by the wailing of the bow by the glory of my nights by my loins spurting more than ever by the brown odor of a morning agitated in my nostrils from the depth of a delirium without trembling       I HAIL YOU Guinea whose rains from the curdled summits of volcanoes shatter a cattle sacrifice for a thousand hungers and thirsts of unnatural children Guinea wood and plant beautiful wild and climbing rubbed stone from which never sparks a female light Guinea with tendrils if all the gin drunk hotter than the plaited blood of the gulfs I had a begging bowl to decant as from the trees the fruitful blood of your women by my feet hail Guinea the forest hail the alley open on all sides Guinea oh the cries like the bodies of escapees falling virginal into the posthumous camp of the forest 450 Guinée oh cris comme des aiguilles de sel gemme Guinée oh cris alizé ou mousson Guinée de ton cri de ta main de ta patience il nous reste toujours des terres arbitraires et quand tué vers Ophir ils m’auront jamais muet de mes dents de ma peau que l’on fasse un fétiche féroce gardien du mauvais œil comme m’ébranle me frappe et me dévore ton solstice en chacun de tes pas Guinée muette au demeurant d’une profondeur astrale de méduses 451 Guinea oh the cries like rock salt needles Guinea oh the cries trade wind or monsoon Guinea of your cry of your hand of...



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