À la nuit
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442 À la nuit C’est sans doute cette femme dont l’astrologue et la géomancie m’avaient révélé la date et le lieu d’apparition et dont j’aurai mal tenu compte et qui fait contre-jour de la voix des mares mal prises aux nasses des scirpes contre-jour des hauts fourneaux du suicide contre-jour des bernicles qui accrochent aux roches un gros bouquet de jonquilles pour dire que le printemps est là quand le vent a mis une pelure de papier sur un vieux peigne quand le vent le plus vieux des nègres vieux souffle dedans une musique où les jambes des jolies fables sortent d’une bruyère faite de la laine aimable de loups écumeurs d’une litanie de chiens ou bien sacrée mer d’Iroise debout et qui attend de moi une parole qui signifie pas de crainte et qui assurément ne viendra pas c’est la Grâce ou la Disgrâce c’est le petit trot du cœur dans la maladie horlogère dite de Basedow c’est la Grâce c’est la Disgrâce la Disgrâce ou la Hargne la Hargne aux dents de sourd qui dispose son filet de dents ébréchées semblables à un sous-bois au tournant du mystère des oreillettes la Hargne qui martèle ses mots et rafle toutes les mises la Hargne faite à l’image de Dieu qui crée à petits coups de couteau qui mijotent dans l’instruction d’une gaine prise dans la gayac de la rouille où pas plus que        tu ne lèves ton visage         le petit filet de sang de première communion que        je ne répands pas        pas plus que ne se lève mon visage de pétrole à cacher ses liaisons les plus innocentes pas plus que l’on n’en peut attendre de la rancune de nos visages mal fermés et d’où coule plus sûr le site que le sourire où nous mêlons de veine et d’artère nos deux sangs à la parole inégale 443 To the Night It was doubtless that woman whose date and place of apparition the astrologer and the geomancy had revealed to me and whom I haven’t properly taken into account and who appears backlit against the swamp voices wrongly caught in the eel-pots of the bulrushes backlit against the blast furnaces of suicide backlit against the limpets that attach a huge bouquet of jonquils to the rocks to say spring is here when the wind has placed onionskin paper on an old comb when the oldest wind of the old niggers blows a tune on it where the legs of pretty fables emerge from heather made of the loveable wool of wolves parasites on a litany of dogs or again the sacred Iroise head wind waiting for a word from me that means no fear and that assuredly shall not come it is Grace or Disgrace it is the slow trot of the heart in the horological malady called Basedow’s disease it is Grace it is Disgrace Disgrace or Churlishness Churlishness whose deaf man teeth display their net of broken teeth like an undergrowth at the bend of the mystery of auricles Churlishness that hammers in its words and scoops up all the bets Churlishness made in the image of God who creates with little knife jabs who simmers in the instruction of a sheath caught up in the guaiacum of rust where no more than        you raise your face         the little stream of first communion blood that        I do not shed        no more than my petroleum face is raised to hide its most innocent liaisons no more than one can expect from the rancor of our poorly closed faces from whence flows most surely the site than the smile in which we blend of vein and artery our two bloods of unequal speech ...



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