restricted access Idylle
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422 Idylle Quand viendra le soir du monde que les réverbères seront de grandes filles immobiles un nœud jaune aux cheveux et le doigt sur la bouche quand la lumière dans la vitre coupera sa natte et fera frire ses œufs dans une goutte de sang prise à la neige des blessés que le vin lourd de midi lancera du grain aux étoiles de minuit il y aura dans mon âme les légères corbeilles du brouillard qui seront somm ées de verser des bennes de lumière la solitude ouvrira de minuscules fenêtres sur la belle amitié radiophonique des nombres et dans la reconversion du calendrier dans le feu de joie de la planche à journées le jour sera si pur qu’on y verra les jours corbeau doux serviteur comme moi rauque et voluptueux butin de l’air épais et de l’espace bavard il y aura une pompe d’auto décapitée sur le billot du temps à faire les loups des ris d’enfants d’une récréation qu’on ne voit pas faisant penser aux chaperons faisant penser aux dévorés faisant penser aux prophètes que les hommes chassaient de leurs songes à coups de pierre grise corbeau ton jour arrive sans but sur des pattes d’emprunt comme un nègre domestique porteur de lait agile corbeau le dernier pendu tourne son œil légal dans le chaste zéro du repentir et de l’absurde corbeau suave chant de mandragore comme moi vénéneux et tranquille il y a encore à desceller les pierres bleues du château et la géométrie sans peine du mensonge corbeau de ta noire signature honore la page blanche échappée à la morte-saison des étreintes pucelles 423 Idyll When the night of the world comes and the streetlamps become motionless tall girls yellow bows in their hair and a finger to their lips when the light in the pane cuts its pigtail and fries its eggs in a drop of blood taken from the snow of the wounded and the heavy wine of noon casts its seed to the midnight stars there shall be airy baskets of fog in my soul summoned to pour out buckets of light solitude shall open miniscule windows onto the beautiful radiophonic friendship of numbers and in the reconversion of the calendar in the bonfire of the day planks the day shall be so pure that days shall be visible in it crow sweet servant raucous and voluptuous like me plunder of thick air and chatty space there shall be a decapitated auto pump on the chopping block of time for playing wolf the laughter of children at an unnoticed recess causing one to think of chaperones causing one to think of the devoured causing one to think of the prophets whom men hunted from their dreams with blows of gray stone crow your day is coming without purpose on borrowed feet like a house Negro bearing agile milk crow the last hanged man turns his legal eye in the chaste zero of repentance and absurdity sweet crow song of the mandrake venomous and tranquil like me there are still to be loosened the blue stones of the castle and the painless geometry of the lie crow with your black signature honor the blank page escaped from the dead season of virginal embraces 424 corbeau tête forte debout derrière la trappe de ton cri quand l’inventaire scrupuleux des mots de tous les jours commencera car il sera temps de penser à des témoins moins velus que les astres   – sur quels sabots s’est enfuie ta présence ? dira surgi de la patience du trottoir et de la flamme du ruisseau mon ange gardien ses doigts terrestres près d’un bassin feuillu semant en vain des mots à goût de pain et de piège je ne répondrai rien mais je le conduirai selon la méridienne à l’épiphanie chaste d’une rosace de sang d’une gerbe de lumière du grand effort brun d’une forge où se tord la poussée noire du geste baignée de sable blanc alors de celle qui réveille à leur vocation de boa constrictor les routes étrangleuses du paysage qu’elles étaient chargées d’allaiter à celle qui fait que les paons sacrés de ma vie incorruptible roucoulent de remémoration les bœuf rouges ramèneront la...


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