Couteaux Midi
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418 Couteaux Midi Quand les Nègres font la Révolution ils commencent par arracher du Champ de Mars des arbres géants qu’ils lancent à la face du ciel comme des aboiements et qui couchent dans le plus chaud de l’air de purs courants d’oiseaux frais où ils tirent à blanc. Ils tirent à blanc ? Oui ma foi parce que le blanc est la juste force controversée du noir qu’ils portent dans le cœur et qui ne cesse de conspirer dans les petits hexagones trop bien faits de leurs pores. Les coups de feu blancs plantent alors dans le ciel des belles de nuit qui ne sont pas sans rapport avec les cornettes des sœurs de Saint Joseph de Cluny qu’elles lessivent sous les espèces de midi dans la jubilation solaire du savon tropical. Midi ? Oui, Midi qui disperse dans le ciel la ouate trop complaisante qui capitonne mes paroles et où mes cris se prennent. Midi ? Oui Midi amande de la nuit et langue entre mes crocs de poivre. Midi ? Oui Midi qui porte sur son dos de galeux et de vitrier toute la sensibilité qui compte de la haine et des ruines. Midi ? pardieu Midi qui après s’être recueilli sur mes lèvres le temps d’un blasphème et aux limites cathédrales de l’oisiveté met sur toutes les lignes de toutes les mains les trains que la repentance gardait en réserve dans les coffres-forts du temps sévère. Midi ? Oui Midi somptueux qui de ce monde m’absente. Oh tyrannique et épanoui aux pieds d’écume orageuse et de vent et ton drapeau de guenilles claquant pour les heures gaspillées pour les jeux abandonn és pour les corbeaux présents pour les serpents futurs filao filao bien sûr que j’ai une gueule de mandragore que son nom répond au mien que son cri est le mien quand on m’a tiré du ventre phosphorescent de ma mère bien sûr que mon crachat est mortel à certains plus et mieux que l’ellébore varaire bien sûr que j’ai plus de mépris qu’une graine de pissenlit et plus de pudeur que le cirse des bois qui n’accomplit le fruit de sa copulation qu’entre ciel et terre Mais filao filao pourquoi filao en tout cas en ton nom filao je crache à ton visage santa maria filao filao 419 Noon Knives When the Blacks make Revolution they begin by uprooting from the Champ de Mars giant trees that they hurl like bayings into the face of the sky and that in the hottest of the air take aim at the pure streams of fresh birds at which they fire blanks. They fire blanks? Yes indeed because blankness is the disputed just force of the blackness that they bear in their hearts and that never ceases to conspire in the little too-well-made hexagons of their pores. The blank shots then plant in the sky ladies of the night that are not unrelated to the coifs of Saint Joseph de Cluny nuns which they launder under the bread and wine of noon amidst the solar jubilation of tropical soap. Noon? Yes, Noon dispersing in the sky the too complacent cotton wool that muffles my words and traps my screams. Noon? Yes Noon almond of the night and tongue between my pepper fangs. Noon? Yes Noon that bears on its scabby glazier’s back all the sensitivity toward hatred and ruins that counts. Noon? by god Noon which after pausing on my lips just long enough for a curse and at the cathedral limits of idleness sets on all the lines of every hand the trains that repentance kept in reserve in the strong-boxes of severe time. Noon? Yes sumptuous Noon that absents me from this world. Oh! tyrannical and radiant at the feet of stormy spume and wind and your tattered flag flapping for the wasted hours for the abandoned games for the present crows for the future serpents filao filao of course I have a mandrake mug its name answers to mine its scream is mine when I was ripped from my mother’s phosphorescent womb of course my spittle is deadly to some more and better than white hellebore of course I have more disdain than a dandelion seed and greater modesty than wood thistle which realizes the fruit of its copulation...



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