Laissez passer
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354 Laissez passer Facile prolongement de la déglutition par la trismégiste bouche obscène d’un marais au ventre brun gluants droseras d’une gadoue heureuse écoutant dans leurs lèvres quelle nouvelle fraternelle leurs jours sont de rigueur sur ce monde noué de trop de fumées d’haleines masquant la verve de poivre de l’orage Penche penche sur l’abîme sur le vertige penche penche sur le néant penche penche sur l’incendie mais même en plein ciel je retrouve mille couteaux effilés mille clés de lassos mille curés de corbeaux hurle frappe le rocher et la terre je la peuple de poissons que surgissent sur les usines des drapeaux et sonne ta cohorte sonne ton renouveau de flammes sonne ton dais d’argent sonne l’arroi et le désarroi sonne tes cuillers de paratonnerre sonne tes sabots d’onyx sonne ton horizon d’araignée sonne tes cassolettes sonne tes petits verres tordus par le désastre sonne tes gémissements sonne tes éclats de grenade Je supporte le long des méridiens la marche sourde des opulents pèlerins que font les forêts mordues par la rage ébranlement Groenland hyènes dédaigneuses qui me flairez je ne suis pas au désert ! l’air s’arrête j’entends le grincement des pôles autour de leurs essieux l’air bruit j’assiste impuissant à l’ensauvagement de mon esprit l’air m’apporte le Zambèze Les bambous semblent aux multiples arêtes le squelette d’un immense poisson des âges géologiques planté en guise de totem par une peuplade disparue. 355 Permit Easy prolongation of deglutition by the obscene trismegistic mouth of a brown-bellied marsh sticky sundews of a happy muck listening in their lips what fraternal news their days are de rigueur in this world knotted by too much smoky breath masking the peppery verve of the storm Lean lean on the abyss on vertigo lean lean on nothingness lean lean on the conflagration but even in midair I rediscover a thousand sharpened knives a thousand keys to lassos a thousand priestly crows howl strike the rock and the earth I people it with fish let flags loom over the factories and sound your cohort sound your renewal in flames sound your silver dais sound your array and disarray sound your lightning-rod spoons sound your onyx clogs sound your arachnoid horizon sound your cassolettes sound your little glasses twisted by disaster sound your groanings sound your grenade shrapnel I bear along the meridians the deaf procession of opulent pilgrims made up of rabies-bitten forests perturbation Greenland hyenas disdainfully sniff me I am not in the desert! the air pauses I hear the grating of the poles on their axles the air drones I attend powerlessly the wilding of my mind the air brings me the Zambezi Bamboo stalks seem to be the multiple bones of an immense fish skeleton planted in some geological age in the guise of a totem by an extinct small tribe. ...



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