restricted access Lynch I
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314 Lynch I Pourquoi le printemps me prend-il à la gorge ? que me veut-il ? et quand bien même il n’aurait pas assez de lances et de fanions ! Je te conspue printemps d’afficher ton œil borgne et ton haleine mauvaise. Ton stupre tes baisers infâmes. Ta queue de paon fait les tables tournantes avec des pans de jungle (fanfares de sèves en marche) mais mon foie est plus acide et mes vénéfices plus forts que tes maléfices. Le lynch c’est six heures du soir dans la boue des bayous c’est un mouchoir noir agité au haut du mât d’un bateau pirate c’est le point de strangulation de l’ongle au carmin d’une interjection c’est la pampa c’est le ballet de la reine c’est la sagacité de la science c’est le coït inoubliable. Ô lynch sel mercure et antimoine ! Le lynch est le sourire bleu d’un dragon ennemi des anges le lynch est une orchidée trop belle pour porter de fruits le lynch est une entrée en matière le lynch c’est la main du vent ensanglantant une forêt dont les arbres sont des galles qui brandissent dans leur main le flambeau vif de leur phallus châtré, le lynch est une main saupoudrée de poussière de pierres précieuses, le lynch est un lâcher de colibris, le lynch est un lapsus, le lynch est un coup de trompette un disque fêlé de gramophone une queue de cyclone à la traîne portée par des becs roses d’oiseaux rapaces. Le lynch est une belle chevelure que l’effroi rejette sur mon visage le lynch est un temple ruiné par les racines et sanglé de forêt vierge. Ô lynch aimable compagnon bel œil giclé large bouche muette hormis qu’un branle y répand le délire d’une morve tisse bien, éclair, sur ton métier un continent qui éclate en îles un oracle qui glisse en contorsion en scolopendre une lune qui installe sur la brèche le paon de soufre qui se lève dans la meurtrière sommaire de mon ouïe assassinée. 315 Lynch I Why does spring grab me by the throat? what does it want of me? so what if it does not have enough spears and banners! I jeer at you spring for flaunting your blind eye and your bad breath. Your debauchery your corrupt kisses. Your peacock’s tail makes spirit tables turn with patches of jungle (fanfares of marching sap) but my liver is more acidic and my venefice stronger than your malefice. Lynch it’s 6 PM in the mud of the bayou it’s a black handkerchief fluttering atop a pirate ship mast it’s the strangulation point of a fingernail in the carmine of an interjection it’s the pampa it’s the queen’s ballet it’s the sagacity of science it’s the unforgettable coitus. O lynch salt mercury and antimony! Lynch is the blue smile of a dragon enemy of angels lynch is an orchid too lovely to bear fruit lynch is an entry into matter lynch is the hand of the wind bloodying a forest whose trees are Galli* brandishing in their hands the living flame of their castrated phalli, lynch is a hand sprinkled with the dust of precious stones, lynch is a release of hummingbirds, lynch is a lapse, lynch is a trumpet blast a broken gramophone record a cyclone’s tail dragged by the pink beaks of raptors. Lynch is a gorgeous chevelure that dread flings into my face lynch is a temple destroyed by roots and gripped by a virgin forest. O lynch loveable companion beautiful squirted eye huge mouth mute unless a jerking there spills the delirium of mucus weave well, lightning bolt, on your loom a continent exploding into islands an oracle contortedly slithering like a scolopendra a moon settling in the breech the sulfur peacock ascending in the succinct murderess-hole of my assassinated hearing. ...


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