La forêt vierge
In lieu of an abstract, here is a brief excerpt of the content:

128 La forêt vierge je ne suis pas de ceux qui croient qu’une ville ne doit pas s’élever jusqu’à la catastrophe encore un tour de rein de cou d’étage ce sera le déclic du promontoire je ne suis pas de ceux qui luttent contre la propagation du taudis encore une tache de merde ce sera le marais vrai. Vrai la puissance d’une cité n’est pas en raison inverse de la saleté de ses ménagères pour moi je sais bien le panier où ne roulera jamais plus ma tête. Vrai la puissance d’un regard n’est pas en fonction inverse de sa cécité pour moi je sais bien où la lune ne viendra pas poser sa jolie tête d’affaire étouffée. Au coin du tableau le désespoir inférieur et ma gueule de primate caressée depuis trois cents ans. Au centre la centrale téléphonique et l’usine à gaz en pleine anthèse (trahison des houilles et des maréchaux). Au coin ouest-ouest le métabolisme floral et ma gueule de primate démantelée depuis trois cents ans la fumée nopal nopal au paysage repu les figuiers étrangleurs font leur apparition salivée de ma gueule de mufle de sphinx démuselée depuis le néant. Où allez-vous ma femme marron ma restituée ma cimarronne les morts pour la patrie défont leurs tranquilles oreillers de jungle au creux des pièges à dormir ; les volcans émettent leur gueule silencieuse de veuve et de laboratoire, les jolis parachutes des années sautent dans le vide et lancent à la petite semaine leurs tracts de rue de blé-de-rue de femmes à prendre et à quitter car il y a toujours l’air et ses moraines l’œstre de l’air les avalanches de l’air et les empires paternes claquant au vent galant de la justice mais les femmes du matin trébuchent dans leurs cauchemars de nuit et viennent s’écraser sur le trottoir où il n’y a plus ni police ni crime mais des dieux à confirmer et le docteur angélique forçant sa face de pas géométriques à travers les champs du sabotage Où allez-vous ma femme marron ma restituée ma cimarronne il vit à pierre fendre et la limaille et la grenaille tremblent leur don de sabotage dans les eaux et les saisons Où allez-vous ma femme marron ma restituée ma cimarronne le cœur rouge des pierres les plus sombres s’arrête de battre quand passent les cavaliers du sperme et du tonnerre De tribord à bâbord ne déchiffre pas les paroles du vent de bâbord à tribord les îles du vent et sous le vent la démence qui est la figure du printemps c’est midi je te sais gré de tes fantômes heure seule et la première pour la Virgen de la Caridad et son frais minois d’exaction coloniale À midi gardé par les euphorbes fétiches le soleil le bourreau la poussée des masses 129 The Virgin Forest I am not one of those who believe that a city should not rise to catastrophe one more turn of the loins of the neck of the storey will trigger the promontory pawl I am not one of those who struggle against the spreading of slums one more shit stain it will be a real swamp. True the power of a city is not in inverse ratio to the filthiness of its housekeepers as for me I well know into what basket my head will never again roll. True the power of a glance is not an inverse function of its blindness as for me I well know where the moon will not come to rest its pretty head of a hushed-up affair. In the corner of the canvas the inferior despair and my mug of a primate petted for three* hundred years. In the middle the telephone exchange and the gas plant in full anthesis (betrayal of coal-fields and field marshals). In the west-west corner the floral metabolism and my mug of a primate dismantled for three hundred years the nopal smoke nopal in the gorged landscape the strangler figs make their appearance salivated from my mug of a sphinx muzzle unmuzzled since nothingness. Where are you going my maroon woman my restored one my cimarron* those who have died...


pdf
  • You have access to this content
  • Free sample
  • Open Access
  • Restricted Access