restricted access Conquête de l’aube
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120 Conquête de l’aube Nous mourons notre mort dans des forêts d’eucalyptus géants dorlotant des échouages de paquebots saugrenus, dans le pays où croître drosera irrespirable pâturant aux embouchures des clartés somnambules ivre très ivre guirlande arrachant démonstrativement nos pétales sonores dans la pluie campanulaire de sang bleu, Nous mourons avec des regards croissant en amours extatiques dans des salles vermoulues, sans parole de barrage dans nos poches, comme une île qui sombre dans l’explosion brumeuse de ses polypes – le soir, Nous mourons parmi les substances vivantes renflées anecdotiquement de préméditations arborisées qui seulement jubilent, qui seulement s’insinuent au cœur même de nos cris, qui seulement se feuillent de voix d’enfant, qui seulement rampent au large des paupières dans la marche percée des sacrés myriapodes des larmes silencieuses, Nous mourons d’une mort blanche fleurissant de mosquées son poitrail d’absence splendide où l’araignée de perles salive son ardente mélancolie de monère convulsive dans l’inénarrable conversion de la Fin. Merveilleuse mort de rien. Une écluse alimentée aux sources les plus secrètes de l’arbre du voyageur s’évase en croupe de gazelle inattentive Merveilleuse mort de rien Les sourires échappés au lasso des complaisances écoulent sans prix les bijoux de leur enfance 121 Conquest Of Dawn We die our deaths in forests of giant eucalyptus coddling the wreckage of preposterous steamers in the country where grow unbreathable drosera grazing in the estuaries of somnambulistic clarities drunk very drunk garland demonstratively tearing off our sonorous petals in the campanularian rain of blue blood, We die with gazes growing in ecstatic loves in worm-eaten halls, without a damming word in our pockets, like an island that sinks in the misty explosion of its polyps—at evening, We die among living substances anecdotally swollen with arborized premeditations that merely gloat, that merely insinuate themselves into the very heart of our outcries, that merely foliate themselves with childish voices, that merely crawl some distance from eyelids in the pierced progress of sacred myriapods of silent tears, We die a white death decking out its breast of resplendent absence with mosques where the spider-of-pearls salivates its ardent melancholy of convulsive moneron in the untellable conversion of the End. Marvelous death of nothing. A canal lock fed by the most secretive springs of the traveler’s tree flares wide as the rump of a heedless gazelle Marvelous death of nothing The smiles escaped from the lasso of complacencies cheaply liquidate the jewels of their childhood 122 au plus fort de la foire des sensitives en tablier d’ange dans la saison liminaire de ma voix sur la pente douce de ma voix à tue-tête pour s’endormir. Le jour ne dédie plus son jour Le jour simplement pond un œuf de jour dans l’œsophage des clématites ignorantes du jour brûleur de sucre oblique aux droites encolures Merveilleuse mort de rien Ah ! l’aigrette déposée des orgueils puérils les tendresses devinées voici aux portes plus polies que les genoux de la prostitution – le château des rosées – mon rêve où j’adore du dessèchement des cœurs inutiles (sauf du triangle orchidal qui saigne violent comme le silence des basses terres aux vendredis orphelins de la pierre et du vide) jaillir dans une gloire de trompettes libres à l’écorce écarlate cœur non crémeux, dérobant à la voix large des précipices d’incendiaires et capiteux tumultes de cavalcade. Et merde comme aucune la mer sans sape sans poste d’écoute sans pare-éclats sans boyaux excoriée de lunes rompues sur les genoux de fer de la nuit si céphalopode ex-voto des houillères je dressais contre son sein mon gueuloir d’Antille verte corymbe des jours corymbe des nuits vers l’hermaphrodite Rien grand erre cultivant son âme prieure et porteuse de croix merde entre veille et sommeil de sensitive moi debout dans les champs du sang et du couchant tapant leurs chansons d’hernandia sonora et ta langue bifide que ma pureté révère, Révolte dans les débris c’est la mer baveuse de gorgones et d’isis et mes yeux et l’air harnaché 123 at the peak of the fair sensitives in angel smocks in the liminal season...


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