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COMME L’AFFIRME AVEC JUSTESSE SIDIKI COULIBALY dans la préface du présent ouvrage: [...] les résultats montrent que la migration entre la Côte d’Ivoire et la Haute-Volta au cours de ces 100 ans est restée circulaire même si le nom du pays d’origine change une première fois, de Haute-Volta à Haute–Côte d’Ivoire, et une deuxième fois, de Haute-Volta à Burkina Faso, et que les volumes, les politiques migratoires, les facteurs explicatifs, les stratégies des individus, des ménages, des communautés, le genre et les durées de séjour se sont transformés tout au long de ces 100 ans1 . 1. Voir la page VIII. POSTFACE LE TRANSNATIONALISME ET LA MONDIALISATION DES FLUX MIGRATOIRES BURKINABÈ FACE AUX CRISES IDENTITAIRES EN CÔTE D’IVOIRE, DE 1990 À NOS JOURS ENTRE LE MIL ET LE FRANC Postface 339 L’histoire racontée dans cet ouvrage s’arrête à l’année 2000. Les choses ont-elles vraiment changé au cours des 15 dernières années? De toutes les façons, si, dans l’ensemble, les stratégies migratoires des Burkinabè demeurent axées sur la circulation, un certain nombre de nouveaux phénomènes sont apparus depuis l’année 2000. Au-delà de la continuité, les nouveaux modèles migratoires qui semblent se dessiner méritent d’être soulignés. La parution du présent ouvrage se situe dans un contexte où les lieux de production du savoir sur les migrations se sont multipliés au Burkina Faso. En effet, les institutions traditionnelles responsables des études scientifiques de la population (Université, CNRST2 , INSD, etc.) font face à une production croissante de travaux universitaires (mémoires et thèses), de communications et autres publications scientifiques de plus en plus pointues issues de stagiaires ou d’étudiants des centres de formation professionnels en administration, en diplomatie ou en santé qui ont inclus dans leurs curricula des enseignements en migrations internationales. Ce foisonnement documentaire mal diffusé3 se situe paradoxalement dans la conjoncture actuelle du retournement des flux migratoires et de l’adoption des politiques de développement et de coopération du Burkina qui prennent en compte sa diaspora. En effet, le pays fait face à des enjeux nouveaux suscités par la détérioration du contexte sous-régional marqué par la crise en Côte d’Ivoire où les politiques publiques ont donné naissance à des dérives nationalistes. Discours idéologiques de stigmatisation des étrangers, tracasseries policières et expulsions d’étrangers ont été utilisés. Ces discours ont amené les populations burkinabè à user de stratégies de contournement, à élaborer de nouvelles astuces individuelles, familiales et collectives d’intégration ou de création de nouvelles filières migratoires faisant de la diaspora et des communautés transnationales burkinabè de nouveaux acteurs. LA CÔTE D’IVOIRE EN CRISE : STIGMATISATION DES ÉTRANGERS ET ORGANISATION DES BURKINABÈ EN COMMUNAUTÉS TRANSNATIONALES Yao Silvère Konan4 soutient que l’accueil des immigrés/étrangers en Côte d’Ivoire est une variable importante de la politique socioéconomique de ce pays.On observe une forte présence des immigrés au sein de la population et de l’économie ivoirienne. 2. CNRST = Centre national pour la recherche scientifique et technique. 3. Cela dit, l’ouvrage de Piché et Cordell fait une large place à cette documentation comme en témoigne la bibliographie. 4. Y. S. Konan, «Insertion économique, pauvreté et conflits en Côte d’Ivoire: une analyse différentielle de la communauté burkinabè», Migrations société, 144(24), 2012. Voir aussi O. Dembelé, «La construction économique et politique de la catégorie “étranger” en Côte d’Ivoire», dans M. Le Pape et C. Vidal (dir.), Côte d’Ivoire, l’année terrible 1999-2000, Paris, Karthala, 2002, p. 123-171. ENTRE LE MIL ET LE FRANC Postface 340 Les immigrés burkinabè constituent la proportion la plus importante (plus ou moins la moitié) des communautés étrangères résidantes: 52,3% en 1975, 49,7% en 1988 et 54,3% en 1998 (RGP-75,RGPH-88,RGPH-98).Ils sont,au dernier recensement en Côte d’Ivoire, au nombre de 2238548, représentant près de 15% de la population résidante en 1998 (RGPH-98) (RGP = Recensement général de la population; RGPH = Recensement général de la population et de l’habitat). Ces données alimentent le débat sur...

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Additional Information

ISBN
9782760543041
MARC Record
OCLC
933515978
Pages
406
Launched on MUSE
2016-01-01
Language
French
Open Access
No
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