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UN DES PROPOS DE CE LIVRE EST DE MONTRER COMMENT les contextes politiques et économiques propres à l’histoire du Burkina Faso ont créé, puis reproduit, un système migratoire de va-et-vient entre l’économie familiale, surtout dans l’agriculture de subsistance, et l’économie capitaliste, surtout au Ghana et en Côte d’Ivoire et dans quelques villes burkinabè. C’est ce qu’exprime le titre du présent ouvrage, Entre le mil et le franc.Au fil du xxe siècle, les politiques coloniales d’abord, puis les politiques postcoloniales au lendemain des indépendances depuis les années 1960, n’ont fait qu’aggraver les conditions de vie des populations rurales et urbaines, faisant de la migration la seule option viable pour la majorité des ménages burkinabè. Si l’on peut comprendre les méfaits coloniaux, force est de constater que les politiques nationales après 1960 visant le développement économique du pays, de même que l’aide internationale axée sur la notion de croissance économique via les échanges commerciaux, n’ont pas permis à l’ensemble de la population de profiter des supposés bienfaits de cette croissance. Comme on le verra, la pauvreté n’a cessé de croître tout au long des AVANT-PROPOS ENTRE LE MIL ET LE FRANC Avant-propos XII quarante dernières années du xxe siècle. Les écarts entre une petite élite de riches, une classe moyenne faible et la masse de la population se sont accrus, en particulier sous le règne de Blaise Compaoré1 . Au moment d’écrire ces lignes, une «nouvelle révolution» burkinabè est en cours. Le règne autocratique de l’ancien président Blaise Compaoré est maintenant terminé. Tout le monde s’accorde pour louer la transition rapide vers un gouvernement civil et des élections présidentielles prévues pour 2015. Quoique notre ouvrage traite essentiellement de migrations, il est clair que les stratégies migratoires sont directement liées aux contextes politiques et économiques qui offrent, ou non, des possibilités d’amélioration sur place ou alors «forcent» les ménages à avoir recours aux migrations de travail qui leur permettent, certes, de survivre, mais le plus souvent les maintiennent dans la précarité, à l'intérieur d'un jeu de cercles vicieux «pauvreté-migration-pauvreté». Et tout cela, comme les témoignages de milliers de migrants et non-migrants burkinabè le montrent, se reproduit pendant tout le xxe siècle. Le Burkina Faso en a vu d’autres. Il est à souhaiter que le nouveau régime puisse briser le cercle vicieux du diptyque «pauvreté-migration». Au-delà de la corruption et de la concentration de la richesse entre quelques mains, seules des politiques de développement axées sur l’éducation, l’égalité socioéconomique, une plus grande répartition des richesses et le respect des droits fondamentaux permettront de faire de la migration ce qu’elle doit être, soit une stratégie volontaire et gagnante pour tous les ménages du Burkina Faso. Victor Piché Montréal Novembre 2014 1. La croissance des inégalités est flagrante un peu partout dans le monde, comme l’a bien montré Thomas Piketty dans son livre Le capital au xxie siècle (2013). ...

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Additional Information

ISBN
9782760543041
MARC Record
OCLC
933515978
Pages
406
Launched on MUSE
2016-01-01
Language
French
Open Access
No
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