Entretien avec: Gisèle Lemoyne
In lieu of an abstract, here is a brief excerpt of the content:

Textes choisis« Connaissances utilisées par des élèves de 8 à 12 ans dans la formulation de problèmes arithmétiques concrets » Lemoyne, G., J. Giroux et D. Biron (1990). European Journal of Psychology of Education, 5(3), p. 273-291.« Environnement informatique pour l’enseignement du calcul réfléchi : un travail orienté par la théorie des situations didactiques » Lemoyne, G., J. Giroux, S. René de Cotret et F. Brouillet (2005). Dans M.-H. Salin, P. Clanché et B. Sarrazy (dir.), Sur la théorie des situations didactiques : questions, réponses, ouvertures. Hommage à Guy Brousseau, Grenoble, Éditions La pensée sauvage, p. 279-286.« Les rencontres singulières entre les élèves présentant des difficultés d’apprentissage en mathématiques et leurs enseignants » Lemoyne, G. et G. Lessard (2003). Éducation et francophonie, 31(2), p. 13-44.« Intégration en mémoire de la suite des nombres naturels chez les enfants de première année » Lemoyne, G. et S. Vincent (1982). Cahiers de psychologie cognitive, 12(3), p. 227-258. Entretien avec Gisèle Lemoyne Jérôme Proulx Vous m’avez envoyé huit textes. Comme vous me le proposiez, j’en ai fait une certaine sélection. J’ai essayé de chercher des textes qui représentaient des temps différents sur le plan des années et aussi des orientations, par exemple, technologie, difficultés d’apprentissage, et ainsi de suite. J’en ai donc pris quatre : celui sur la mémoire et la suite des nombres avec Suzanne Vincent, celui sur les problèmes arithmétiques et leur formulation, celui sur les difficultés d’apprentissage et puis, un dernier avec Jacinthe et Sophie sur la calculatrice défectueuse. Alors, si on part de ceux-ci, pouvez-vous m’expliquer en quoi et pourquoi ces textes sont des textes importants pour vous ? Gisèle Lemoyne Depuis mon entrée à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Universit é de Montréal, en 1974, l’enseignement des mathématiques aux élèves de l’enseignement primaire et secondaire présentant des difficult és d’apprentissage a été une source importante de recherches et d’embauches de professeurs. Bénéficiant d’une formation de premier cycle en sciences et en mathématiques, ainsi qu’en psychologie cognitive , avec une thèse qui a porté sur une modélisation informatique du développement de la sériation, j’ai rapidement été interpellée par le recours à des tests de quotient intellectuel et à des épreuves piagétiennes sur le développement cognitif, pour le diagnostic des difficultés d’apprentissage. De la didactique des mathématiques au Québec J Donc, est-ce que vous voulez dire que la partie enseignement n’était pas très présente dans ces travaux en psychologie ? G En effet ! On pensait que les élèves avaient besoin de se développer sur le plan des structures logiques. J’ai même assisté, dans certaines classes, à un enseignement de certaines épreuves piagétiennes. Prenant acte également des recherches faisant état des relations entre le développement opératoire et la réussite en mathématiques des élèves, il m’a semblé important de préciser ces relations. C’est ainsi qu’avec Suzanne Vincent et Mireille Favreau, entre autres, j’ai effectué des études visant à mieux définir les relations entre les conduites en mathématiques des élèves inscrits en première année et les stades de développement cognitif de ces élèves à des épreuves de sériation, de correspondance ordinale, de classification, de conservation du nombre. J C’est le travail que vous avez fait beaucoup au début, relié à la psychologie et aux stades de développement cognitif. Vous avez tenté de nuancer toute cette idée de progression développementale. G C’est un peu la raison pour laquelle je mets ceci dans mon parcours, parce que même si j’avais fait des études de premier cycle en sciences, j’étais passée après en psychologie informatique en maîtrise et en intelligence artificielle en doctorat avec les travaux de Herbert Simon et tout. Donc, le sujet m’était assez familier pour éventuellement le mettre en doute. C’est un peu l’idée d’aller contrôler des questions qui étaient trop vite réglées. En fait, on faisait passer des épreuves aux élèves et tout à coup, on décidait qu’ils avaient besoin de ceci...