Couverture

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pp. i-iv

Table des matières

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pp. v-vi

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Introduction

Isabelle Perreault, Marie-Claude Thifault

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pp. 1-12

Lorsque vient le temps d’enquêter en sciences humaines et sociales1, plusieurs défis sont à relever. Il y a les lieux et les époques à délimiter, les traces de vécu à retrouver, les mots et paroles à déchiffrer, les interactions entre individus à interpréter et, bien sûr, les phrases à écrire pour donner un sens à tout cela. Les phrases, les paragraphes, les chapitres se construiront autour d’une idée, au détour d’une intuition, d’une émotion ou d’une expérience et ce sont elles qui permettront, peut-être, d’appréhender un vécu commun ou singulier, jamais banal, mais de l’ordre du quotidien. La mise en narration, en récit, par des...

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Chapitre 1: Archives mineureset sociologie narrative

Jean-François Laé

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pp. 13-24

Pourquoi les archives mineures et la narration sociologique sont si mal portées dans les sciences sociales ? Quelle est cette disqualification de l’empirie qui récuse cette appartenance au domaine de la culture et des sciences de l’esprit ? Concept contre percept, ce combat est une vieille histoire. Pour dépasser cette éternelle opposition, nous défendons l’idée que raconter des histoires est une manière d’avancer une conceptualisation par le récit lui-même. La description dans un récit peut contenir sa propre théorie par la manière de l’écrire, de la transposer dans une écriture qui la problématise. Il en va ainsi desarchives ordinaires. La fine description qui gît dans des « écrits de peu » restitue une expérience sociale, un monde sensible qui parle au lecteur ordinaire et rejoint parfois sa propre théorie pratique de l’existence....

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Chapitre 2: Pour une improbable méthode Et si par hasard on se retrouvait dans des cartons : histoire familiale orale, archives et autres écrits

Robert Bastien

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pp. 25-62

Ici1, je pose un regard curieux sur une série d’événements pouvant être à l’origine d’une réflexion critique sur les méthodes de recherche en sciences humaines et sociales. Une façon de faire qui se réinvente perpétuellement parce que, toujours, on se pose en auteur, nous chercheurs et enquêteurs. Pour vous comme pour moi, c’est notre petit châtiment : l’obligation de traduire en [nos] mots l’expérience des autres en révélant le sens qu’ils accordent à leur histoire plurielle ou singulière....

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Chapitre 3: Les dérives épistémologiquesd’une criminologue péruvienneau Congo

Maritza Felices-Luna

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pp. 63-84

L’analyse historique de la criminologie2 démontre qu’elle a servi en tant qu’outil de domination impérialiste au même pied que l’armée, la police et la prison, institutions qui ont toutes été réappropriées par les régimes néocoloniaux (Agozino, 2003, p.228). En fait, dès sa naissance en sol européen, la criminologie a servi à la production et l’élargissement de mécanismes de contrôle social ainsi qu’à la légitimation de l’action étatique auprès de ceux désignés comme dangereux (Lynch, 2000, p.147). Ceci a été rendu possible par la production d’un discours scientifique qui supporte une forme de normativité particulière qui, elle, renforce les relations de pouvoir existantes et, en retour, gagne sa...

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Chapitre 4: Convergences et diversité Une interprétation collective des pratiques etusages du témoignage par des communautés sexuelles

Maria Nengeh Mensah et le groupe Cultures du témoignage

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pp. 85-114

Cultures du témoignage est un groupe de recherche qui réunit des acteurs concernés par la stigmatisation et la discrimination des communautés sexuelles afin de développer un partenariat de recherche sur les usages du témoignage comme stratégie d’intervention sociale. Les chercheurs proviennent des milieux scolaire (université) et assciatif (communautés), ce dernier étant composé d’organisations québécoises utilisant le témoignage comme stratégie d’intervention. Ce chapitre s’appuie sur l’expérience d’une Journée d’étude intitulée « Convergences et diversité » que nous avons organisée et qui a eu...

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Chapitre 5: Quand les sources traditionnellesne répondent pas… De quelques stratégies pour brosser un portrait sociohistorique de la déshospitalisation en santé mentaledans le Nord ontarien (1950-2010)

Marie LeBel, Frédérique Dallaire-Blais

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pp. 115-138

La recherche dont nous aborderons ici les stratégies méthodologiques en identifiant les difficultés de terrain rencontrées retrace le processus de déshospitalisation psychiatrique des francophones du Nord et de l’Est ontarien ayant reçu un diagnostic de maladie mentale entre 1950 et 20101. La recherche prend en compte les différentes définitions opérationnelles, variables, selon les moments, de la maladie mentale depuis les années 1950 à aujourd’hui. Par conséquent, le projet englobe toutes les personnes qui pouvaient ou peuvent être qualifiées de « malades mentaux » durant la période étudiée et dont le sort dépend tout à la fois d’institutions en voie de redéfinition, d’organismes communautaires en émergence et de la disponibilité ou non de spécialistes en région. À ces considérations, s’ajoute la donnée linguistique dont nous supposons l’importance en situation de vulnérabilité physique ou mentale....

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Chapitre 6: Travailler « la matière-émotion ». Une approche microhistorienne

Marie-Claude Thifault

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pp. 139-154

« Lire Michel Foucault aide [...] ; il va à rebours des idées reçues et laboure les certitudes : être historien ne va pas de soi et si ce philosophe fut historien ce fut au prix de fondamentales remises en cause des postures, des méthodes et des convictions de l’une comme de l’autre discipline », écrivait l’historienne Arlette Farge (1997, p.8). De sa rencontre avec Foucault, au moment d’écrire Le Désordre des familles, lettres de cachet des Archives de la Bastille (1982), elle dit qu’elle l’a fait définitivement « autre ». Cela lui a permis d’aller vers le différent, le sensible Farge, 2014, p.59). Moi, c’est lire George Duby, Alain Corbin, Natalie Zemon Davis, mais surtout Arlette Farge qui m’aide à effectuer...

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Chapitre 7: Peut-on prendre les récits de maladesau pied de la lettre ? L’exemple des courriers de patients adressés au Dr Tissot

Alexandre Klein

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pp. 155-176

L’histoire de la santé s’est épanouie comme un champ de recherche à part entière au cours de la seconde moitié du xxe siècle1. Suivant le tournant social et culturel qui marquait alors l’historiographie, elle voulait dépasser la simple histoire des médecins, de leurs théories et de leurs inventions pour s’ouvrir au contexte, aux différents acteurs du monde du soin, et à « la maladie dans l’épaisseur de ses dimensions sociales et individuelles » (Barras, 2001, p.195). Elle s’est donc rapidement intéressée au personnage présent à côté du médecin, à ce partenaire essentiel à toute relation médicale qu’est le malade. L’appel de l’historien britannique Roy Porter (1946-2002) pour la fondation d’une...

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Chapitre 8: L’Histoire en délires Usages des écrits délirants dans la pratique historienne

Laurence Guignard, Hervé Guillemain

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pp. 177-200

Le délire tel qu’il peut nous parvenir sous forme écrite est-il une source recevable pour l’historien ? La question pourrait paraître saugrenue tant l’extension des types de sources mobilisées par les historiens paraît aujourd’hui universelle. Cependant, le caractère pathologique de l’écrit du sujet délirant, l’extravagance d’une parole débordante– étymologiquement le délire sort du sillon de l’expression raisonnable– font de ces corpus potentiels des sources d’un usage en apparence hasardeux. La folie est en effet traditionnellement liée à une forme d’abolition de la subjectivité. Le droit disqualifie ainsi la parole des malades mentaux, considérés comme incapables civilement et...

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Chapitre 9: Faire parler la mort volontaire Enjeux épistémologique, méthodologique et éthique

Patrice Corriveau, Annie Lyonnais, Jean-François Cauchie, Isabelle Perreault

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pp. 201-218

Étudier le geste suicidaire est une entreprise parsemée de défis et d’embûches, qu’ils soient d’ordre épistémologique, méthodologique, éthique ou même personnel. Ces défis sont encore plus évidents lorsque la période à l’étude s’étend sur plus de 250 ans comme c’est le cas pour notre programme de recherche Une sociologie historique du suicide au Québec depuis 17631. Le geste suicidaire a en effet revêtu plusieurs visages tout au long de son histoire : de crime de lèse-majesté divine jusqu’à la moitié du xixe siècle à enjeu de santé publique aujourd’hui en passant par celui de problème individuel lié à la santé...

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Conclusion – Ce qui reste. Usages des archives

Philippe Artières

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pp. 219-250

La littérature et le cinéma représentent souvent les archives soit comme un lieu de conservation de trésors, une crypte, soit comme un espace d’accumulation poussiéreux de liasses de papiers sans importance ; côté face l’exceptionnel, côté pile le banal. Au chercheur, quand il entre dans un dépôt d’archives, de faire des « belles » trouvailles, de tomber dessus comme l’orpailleur dans la rivière avec son tamis trouve des pépites d’or. Un bon chercheur serait un bon découvreur d’archives. Un aventurier du passé....