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  • Tirelire à l'effigie de Pershing
  • Stéphane Jonard (bio)

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Tirelire à l'effigie de John J. Pershing (1860-1948), commandant de l'American Expeditionary Force (AEF). Musée de la Grande Guerre à Meaux. CAPM 2006.1.8963.

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Né en 1860, John Joseph Pershing sort à 20 ans diplômé de la State Normal School à Kirksville dans le Missouri et rejoint la prestigieuse académie militaire de West Point sans grande passion mais avec la volonté de recevoir une formation de qualité. Six ans plus tard, ses qualités de meneur d'hommes lui valent d'être nommé capitaine des cadets, la plus haute distinction de West Point. Déjà on le promet à une grande carrière militaire.

La tirelire qui représente ici John J. Pershing prend la forme d'une petite statuette en fonte, forgée selon la technique dite à la cire perdue. Elle est l'une des nombreuses tirelires du même genre, fabriquées à partir de 1917, date à laquelle les États-Unis entrent en guerre et à laquelle le Général Pershing est envoyé en France avec un corps expéditionnaire. Il existe en effet bien des artefacts de même facture que cette tirelire, parfois peints comme sur la photographie cidessus, parfois vernis, ou simplement laissés à l'état brut. Ces artefacts rejoignent la longue liste d'objets créés à l'époque pour mettre à l'honneur celui qui, comme seul George Washington l'a été avant lui, est nommé General of the Armies en 1919 en récompense de ses services durant la guerre. Il s'agit du plus haut grade militaire dans l'armée des États-Unis, mais à titre honorifique. Il équivaut au titre de Chef d'État-Major ou encore Généralissime dans l'armée française, grade détenu par le Général Joffre de 1911 à 1916 avec qui, par ailleurs, Pershing partage de nombreux points communs.

Tout d'abord, une homonymie, les deux hommes portent le prénom Joseph. Le Général Pershing partage également avec Joffre une expérience militaire internationale. Le Généralissime français a en effet servi en Asie lors du conflit opposant la France à la Chine de 1881 à 1885 tandis que Pershing est envoyé aux Philippines chasser les Espagnols (1899-1901) et mater les tribus Moro, puis envoyé comme observateur auprès des armées japonaises lors du conflit de Mandchourie (1904). Ces expériences à l'étranger favoriseront leur nomination au plus haut rang de commandement des armées de leur nation respective... Chacun des deux généraux devient pendant la guerre le représentant de sa nation chez l'autre–Joffre est envoyé en 1917 en ambassade aux États-Unis où il est accueilli en héros. Enfin, tout comme Joffre en France, lorsque Pershing prend le commandement des armées américaines en 1917 et est envoyé sur le front européen à la demande du Président Woodrow Wilson, le nouvellement promu General of the Armies fait l'objet d'un véritable [End Page 100] culte vivant dans son pays. On parle d'ailleurs en France d'une véritable « Joffrolâterie » (néologisme associant Joffre et idolâtrie). Il en va de même pour Pershing : de nombreux produits dérivés le représentant sont fabriqués et vendus partout aux États-Unis. Déjà renommé pour avoir notamment combattu le célèbre bandit révolutionnaire Pancho Villa, il devient dès l'entrée en guerre des États-Unis une véritable figure patriotique, on lui écrit même une chanson de marche patriotique, en 1923, Pershing the brave. [End Page 101]

Stéphane Jonard

Stéphane Jonard, Médiateur culturel au musée de la Grande Guerre à Meaux.

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Additional Information

ISSN
1918-6649
Print ISSN
0730-479X
Pages
pp. 99-101
Launched on MUSE
2018-01-04
Open Access
No
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