L'émergence de la civilisation mycénienne en Grèce centrale by Laetitia Phialon (review)
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Laetitia Phialon. L'émergence de la civilisation mycénienne en Grèce centrale, Aegaeum 32, Annales liégoises et PASPiennes d'archéologie égéenne. Leuven–Liège: Peeters, 2011. Pp. viii + 426. €95. ISBN 9789042925854.

L'ouvrage est issu d'une thèse d'archéologie soutenue en 2009 à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, dont l'objectif est d'étudier la période de formation qui précède l'avènement de la civilisation mycénienne dans la Grèce Centrale. Précisément, Laetitia Phialon se propose d'enquêter sur les causes de son émergence et sur la manière dont celle-ci s'est produite. L'ouvrage comporte trois parties.

La première partie (« Aires géographiques, aires culturelles », pp. 6-150) comporte une présentation descriptive des espaces habités ou des espaces funéraires datés entre l'Helladique moyen (HM) et l'Helladique récent (HR) IIA1.

Les données sont rassemblées suivant l'ordre de Gazetteer et présentées au moyen de tableaux qui recensent les sites pourvus de constructions ou de tombes, les lieux-dits associés à ces sites—qui sont nommés d'après le nom actuel du village et le toponyme le plus proche du village ainsi que le nome auquel ils appartiennent—les types d'investigations qui ont révélé des vestiges préhistoriques, le nom du responsable des travaux et, enfin, les références bibliographiques.

Cette partie est consacrée au rôle du déterminisme géographique dans l'établissement de communautés durant le BM et au début du BR et aux conséquences des catastrophes naturelles sur ces communautés. Sont également étudiées l'implantation, l'étendue et la densité des sites pourvus de constructions ainsi que les espaces funéraires, telles les tombes considérées individuelles et collectives. [End Page 455]

L'étude des espaces habités permet de constater que les grands sites mycéniens de la période palatiale comme Thèbes, Orchomène et Athènes n'ont pas évolué au même rythme. De plus, les habitats de plusieurs sites ont disparu entre l'HR I et l'HR II. En revanche, le nombre de constructions se multiplient à l'HR III A2-B.

En ce qui concerne les espaces funéraires, ceux-ci se modifient à partir l'HR II. On remarque donc une transformation culturelle profonde que souligne le développement des tombes à chambre au cours de cette période.

Ces constatations mettent en valeur les mutations et les changements au sein des sociétés mésohelladiques et servent à mieux illustrer l'émergence de la civilisation mycénienne.

La seconde partie (« Analyse thématique des vestiges archéologiques », pp. 151–301) est consacrée à l'étude du matériel évoqué dans la partie précédente. Dans un premier temps, L. Phialon étudie les formes, les techniques et l'organisation des habitats, des fortifications et des aménagements collectifs tels que des terrasses, des rues, des places, des caniveaux et des puits. Ceci fait, elle s'efforce de déterminer et de comparer les traits architecturaux caractéristiques des bâtiments occupés au cours des périodes HM à HR III A1. L'étude des espaces habités se termine par la description des aménagements intérieurs des bâtiments et des dépôts de mobilier.

Dans un second temps, L. Phialon aborde les divers types d'espace funéraire. Sont décrites la construction et l'utilisation des tumuli, des sépultures en pithos, des tombes en fosse, des tombes à ciste, des tombes à chambre construite, des tombes à tholos, des tombes à accès en puits et des tombes de type indéterminé. En se référant aux restes fauniques et aux restes humains, elle tâche de mettre en lumière les pratiques et les rites funéraires.

La troisième partie du livre traite des questions liées à l'identité mycénienne. L'étude du développement local et des marqueurs culturels permet de distinguer l'identité mésohelladique et l'identit...


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