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Introduction—Le legs du lynchage : dynamique raciale de la discipline et de la punition dans la culture étatsunienne
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Introduction—Le legs du lynchage : dynamique raciale de la discipline et de la punition dans la culture étatsunienne Chris Vanderwees et Andrew Connolly Vous savez, quand Trayvon Martin a été tué, j’ai dit que ça aurait pu être mon fils. J’aurais pu dire aussi que Trayvon Martin, ça aurait pu être moi il y a 35 ans. Et quand on se demande pourquoi il y a tant de souffrance, dans la communauté afro-américaine en tout cas, par rapport à ce qui s’est passé ici, je pense qu’il faut reconnaitre que la communauté afro-américaine perçoit ce problème à travers des expériences et une histoire qui ne veulent pas finir. (Barack Obama ; trad. libre) Le soir du 26 février 2012, à Sanford, en Floride, George Zimmerman, un surveillant de quartier bénévole, s’est retrouvé en présence de Trayvon Martin, un Afro-Américain de dix-sept ans, et lui a posé des questions au sujet de ce qui lui semblait être un « comportement suspect », selon ce qu’il a déclaré à la police. Les deux hommes se sont engagés dans une altercation qui s’est terminée par le coup de feu de Zimmerman tiré à bout portant sur Martin, qui n’était pas armé. Les policiers ont mis Zimmerman en garde à vue, l’ont interrogé pendant plusieurs heures, l’ont soigné pour blessures mineures et ont conclu qu’il n’y avait pas motif de mettre en doute ses prétentions à la légitime défense. La loi Stand your ground (« Ne recule pas ») en vigueur en Floride empêchait de l’arrêter. Dans les faits, c’est une loi qui permet aux civils de tuer plutôt que se retirer devant ce qu’ils perçoivent comme une menace. Depuis l’instauration de cette loi en Floride, en 2005, des lois semblables ont été passées dans vingt-trois autres états. Souvent assimilée à l’impératif« tire d’abord, discute ensuite », la loi Stand Your Ground complique 6 Canadian Review of American Studies/Revue canadienne d’études américaines ahead of print article doi: 10.3138/cras.2017.013fr This ahead of print version may differ slightly from the final published version. formidablement la tâche des procureurs qui veulent poursuivre pour meurtre des défendeurs plaidant la légitime défense. Katheryn Russell-Brown affirme que les lois de ce genre donnent « aux policiers le pouvoir ultime de décider si un coup de feu était justifié ou non, une décision qui relève habituellement du système judiciaire » ; il est troublant que ceci « permette aux policiers d’agir en lieu et place des juges et des jurés » (123 ; trad. libre). Dans de nombreux cas, les policiers se retrouvent eux-mêmes dans le rôle du bourreau. Elizabeth B. Megale soutient que la législature floridienne a fondamentalement redéfini les conditions d’application de la légitime défense et de la force meurtrière avec Stand Your Ground, dans la mesure où cette loi décriminalise l’homicide et d’autres gestes violents en déclarant certains acteurs innocents et, par conséquent, non coupables de leur comportement violent. Un tireur n’a plus à justifier la plausibilité d’un geste défensif parce que les gestes violents ne sont pas des gestes coupables—la légalité de l’acte violent est protégée automatiquement par l’immunité. Le système juridique de la Floride a entièrement décriminalise ́ certaines catégories de violence. Les homicides et d’autres actes de violence n’ont plus à être justifiés ; dans de nombreuses circonstances, ils sont légaux. (287 ; trad. libre) Quand elles ont été connues, les circonstances de la mort de Martin et du relâchement subséquent de Zimmerman dans le contexte de Stand Your Ground ont déclenché des manifestations dans plus de cent villes aux États-Unis. Les marches, les rassemblements et les pétitions à la me...


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