Canadian Official Development Aid to Latin America: The Struggle over the Humanitarian Agenda, 1963–1977
Abstract

During the 1970s, as part of the Third Option policies of the federal government under Pierre Elliott Trudeau, Canada's Official Development Aid (ODA) policy for Latin America was revised to give the private sector greater maneuverability within parts of Latin America and the Caribbean. This article's focus on the internal and external institutional debates that surfaced over the shift from a humanitarian to a market-driven agenda reveals a moment in Canadian history when the nation's external affairs cohesiveness was destabilized, marginalizing religious and humanitarian stakeholders that in the past had been instrumental in complementing and advancing Canada's relief and rehabilitation efforts across the global South. An examination of the historical evidence suggests that Canada's public "goodwill" of the 1950s and 1960s did not narrow in on Latin America during the early stages of ODA policy implementation; instead, it was the private sector that focused on this region. The shift in the ODA agenda was a direct response to the private sector's regional business strategy as well as a foreign policy initiative to support US containment. The analysis concludes that this implicated Canada in the humanitarian crisis generated by the implementation of US Cold War policies in Latin America and the Caribbean during the 1970s, forcing humanitarian and religious groups to centre their attention on the region and ultimately leading to an ideological confrontation between sectors of civil society and government.

Dans les années 1970, dans le contexte des politiques liées à la Troisième option du gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau, la politique canadienne concernant l'Aide publique au développement (APD) pour l'Amérique latine a été revue de manière à donner au secteur privé davantage de marge de manœuvre dans certaines parties de l'Amérique latine et des Caraïbes. Les débats institutionnels internes et externes provoqués par la transition entre un programme d'aide axé sur l'humanitaire et le suivant, axé sur les marchés, sont au cœur de cet article, qui met en lumière le moment de l'histoire canadienne où la cohésion des affaires extérieures du pays, fragilisée, a marginalisé certains intervenants religieux et humanitaires. Ceux-ci avaient joué jusque là un rôle déterminant, en complétant et en faisant progresser les mesures canadiennes d'aide et de reconstruction des pays du Sud. L'examen des données historiques montre que la « bonne volonté » publique du Canada dans les années 1950 et 1960 ne s'appliquait pas à l'Amérique latine aux premiers temps de la mise en œuvre de la politique d'APD ; c'est plutôt le secteur privé qui focalisait ses activités dans cette région. La transition imposée au programme d'APD était une réaction directe à la stratégie commerciale du secteur privé pour cette région, en même temps qu'une mesure de politique étrangère visant à soutenir la politique étatsunienne de l'endiguement. L'analyse conclut que cela a impliqué le Canada dans la crise humanitaire causée par la mise en œuvre des politiques de la guerre froide en Amérique latine et dans les Caraïbes dans les années 1970, crise qui a forcé les groupes humanitaires et religieux à centrer leur attention sur la région et a provoqué, en définitive, un conflit idéologique entre différents secteurs de la société civile et le gouvernement.


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