Abstract

Nadine Dobrovolskaïa-Zavadskaïa, première femme russe à diriger un département de chirurgie en Russie, émigre en France en 1921. À son arrivée, elle entre à l’Institut du Radium à Paris pour mener des recherches visant à améliorer les protocoles de traitement du cancer. En 1927, Claudius Regaud lui confie l’étude de l’hérédité des cancers. Dans ce contexte, elle s’intéresse à la nature des mutations, et découvre et étudie une mutation de la souris appelée T (c’est à dire Tailless, ou brachyoure). Ce travail fait d’elle une pionnière dans le domaine de la génétique du développement, et son travail est encore cité actuellement. Plusieurs questions se posent concernant le cursus de cette chercheuse. Par quels moyens, a-t-elle pu intégrer, dès son arrivée en France, un laboratoire de recherche spécialisé dans une discipline qui lui était jusqu’alors inconnue? Quelle a été la contribution des savants russes à la recherche française dans ce domaine? Cet article décrit le parcours scientifique de Nadine Dobrovolskaïa en l’intégrant dans son contexte scientifique national et international. Le rôle primordial, mais très méconnu, joué par le réseau académique russe en France dans l’intégration des immigrants dans la vie universitaire, est ainsi mis en évidence.

Nadine Dobrovolskaïa-Zavadskaïa, the first Russian woman to head a department of surgery in Russia, emigrated to France in 1921. Soon after her arrival, she entered the Institut du Radium in Paris to conduct research aimed at improving cancer treatment protocols. In 1927, Claudius Regaud entrusted her with the problem of cancer’s inheritability, which then led her to discover and investigate the Brachyury T (Taillessness) mutation in mice. Dobrovolskaïa-Zavadskaïa has been recognized as a founder of developmental genetics ever since, and researchers continue to cite her work to this day. This article addresses several questions regarding the trajectory of Dobrovolskaïa-Zavadskaïa’s career. Why was she so quickly integrated into a research laboratory specializing in a field so distant from her training? What other contributions to this field were made by Russian scientists in France? Through our examination of how Dobrovolskaïa-Zavadskaïa’s research was integrated into biomedical in France and internationally, we observe the crucial role played by the Russian Academic network in France in helping Russian immigrants obtain academic positions.

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Additional Information

ISSN
2371-0179
Print ISSN
0823-2105
Pages
pp. 465-495
Launched on MUSE
2017-10-04
Open Access
No
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