Quand le raz-de-marée a un impact mondial : S'attaquer au défi planétaire de la démence
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Quand le raz-de-marée a un impact mondial :
S'attaquer au défi planétaire de la démence*

[Corrigendum]

Il y a près de dix ans, la Société Alzheimer du Canada a attiré l'attention nationale sur le défi croissant de la démence en publiant l'analyse historique « Raz-demarée : Impact de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes au Canada » (Société Alzheimer du Canada, 2010). L'image était forte, et malheureusement très juste. Le nombre de Canadiens atteints de démence doublera d'ici à 2050. Et ce nombre devra être multiplié au moins par deux puisque pour chaque personne vivant avec la démence, il y a au moins une personne aidante dont la santé et le bien-être sont aussi affectés par la maladie. L'ampleur du défi exige une réponse proportionnelle de la communauté scientifique pour comprendre les causes de la démence, élaborer des stratégies de traitement et de réduction des risques, ainsi que pour assurer la meilleure qualité de vie aux personnes qui vivent déjà avec la démence. La Stratégie de recherche sur la démence des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) a été adoptée pour appuyer cet effort. Le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV), créé en 2014, est devenu le porte-étendard de cet effort. Et le rapport récent du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, de même que la sanction royale accordée au projet de loi C-233, sont des indicateurs encourageants que l'effort pourrait être redynamisé puisque nous voyons que les besoins sont encore plus grands qu'on ne l'imaginait au départ.

Mais le raz-de-marée dépasse les frontières canadiennes. Le monde s'aperçoit aussi que le phénomène touche tous les pays sans exception. Le vieillissement de la population–et surtout l'accroissement de la proportion des plus âgés parmi les aînés–est aujourd'hui une réalité pour tous les pays. L'âge demeure le principal facteur de risque pour la démence. L'augmentation du nombre de personnes âgées et l'explosion relative de la portion la plus âgée de cette population créent les conditions parfaites pour que le nombre de cas de démence s'accroisse de façon fulgurante. C'est ce qui se produit au Canada, mais aussi dans tous les pays à revenu élevé et dans des pays à revenu faible ou inter-médiaire, dont plusieurs pays africains, ainsi qu'en Chine et en Inde, où la population globale est encore relativement jeune. La reconnaissance mondiale du défi que représente la démence est très récente. La reconnaissance par l'Organisation mondiale de la santé de la démence comme priorité de santé publique a été exprimée en 2013 seulement, par sa directrice générale, Margaret Chan. Dans le contexte d'un « coup de pouce » politique en faveur de la démence par les pays du G8, [End Page 419] sous l'impulsion de David Cameron, premier ministre de la Grande-Bretagne à l'époque, Margaret Chan a écrit :

« Je ne vois nulle autre maladie qui ait un effet si profond sur la perte de fonction, la perte d'autonomie et le besoin de soins. Je ne vois nulle autre maladie qui fasse peser un fardeau aussi lourd sur les familles, les communautés, les économies et les sociétés. Je ne vois nulle autre maladie pour laquelle le besoin d'innovation, y compris de découvertes novatrices, se fasse si cruellement sentir. »

Cette réponse de l'OMS, récente certes, est néanmoins percutante. Ce constat fondamental a été suivi d'une série d'actions auxquelles le Canada a participé activement.

La mesure initiale prise après le Sommet du G8 sur la démence a été la première conférence ministérielle de l'OMS en 2015, qui a rendu possible...


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