Women and Work in the Eighteenth and Nineteenth Centuries
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Women and Work in the Eighteenth and Nineteenth Centuries

FOR SEVERAL decades now, historians of women have analysed the ways in which women’s work spanned the divide between paid and unpaid labour and that between formal and informal economies. The first three articles in this issue illustrate the wide range of strategies deployed by women in the eighteenth and nineteenth centuries to earn their livelihood and achieve some degree of financial autonomy. In this period, the ideological border between public and private spheres—a border that was always both malleable and porous—was less rigid than it would become towards the end of the nineteenth century.

Elwin Hofman’s article on prostitutes in the Southern Netherlands in the second half of the eighteenth century relies upon Erving Goffman’s concept of “stigma management” to understand the ways in which women of the popular classes navigated the shoals of disrepute and scandal often associated with sex work. Mary Anne Poutanen shows that in mid-nineteenth-century Montreal, female tavern-keepers were, in similar ways, obliged to negotiate the norms of respectability to maintain their source of work and income as anti-alcohol sentiment gained purchase and the temperance movement increased its numbers of followers. Finally, Denise Jacques examines the life and writings of the gentlewoman Mary Gordon Copleston, who built on her imperial knowledge and experiences to write travel guides aimed at British emigrants about her colonial home in Canada West. While guidebooks such as Canada: Why We Live in It, and Why We Like It brought Copleston and her husband Edward Arthur Copleston some notoriety, they were also an important source of income to these middle-class immigrants brought to Canada West by a reversal of fortune. These three articles invite scholars to consider the kinds of work undertaken by women in this period and the particular social, cultural, and moral obstacles that they negotiated to earn a living. [End Page 1]

Les femmes et le travail aux XVIIIe et XIXe siècles

DEPUIS DÉJÀ quelques dizaines d’années, les spécialistes de l’histoire des femmes se penchent sur la manière dont le travail des femmes fait abstraction des clivages entre travail rémunéré et travail non rémunéré ainsi qu’entre économie officielle et économie parallèle. Les trois premiers articles du présent numéro témoignent du large éventail de stratégies déployées par les femmes aux XVIIIe et XIXe siècles pour gagner leur vie et parvenir à un certain degré d’autonomie financière. Au cours de cette période, la frontière idéologique entre la sphère publique et la sphère privée – frontière qui a toujours été à la fois malléable et poreuse – était moins rigide qu’elle le sera à la fin du XIXe siècle.

L’article d’Elwin Hofman sur les prostituées du sud des Pays-Bas dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle repose sur la notion de « gestion du stigmate » mise de l’avant par Erving Goffman pour comprendre de quelles façons les femmes des classes populaires naviguaient entre les écueils de la mauvaise réputation et du scandale souvent associés au travail du sexe. Pour sa part, Mary Anne Poutanen montre qu’à Montréal, au milieu du XIXe siècle, les tenancières de tavernes étaient, de la même manière, obligées de composer avec les normes de la respectabilité pour conserver leur source de travail et de revenu à un moment où les préventions contre l’alcool gagnaient en popularité et où le nombre d’adhérents au mouvement de tempérance augmentait. Pour finir, Denise Jacques étudie la vie et les écrits de Mary Gordon Copleston, une femme de bonne famille qui a misé sur sa connaissance de l’Empire et ses expériences pour rédiger des guides de voyage sur le Canada Ouest, sa colonie d’adoption, à l’intention des émigrants britanniques. Des guides de voyage comme Canada: Why We Live in It, and Why We Like It procuraient bien une certaine notoriété à l’auteure et à son mari...