Hybrid Identities and Indigenous Language Sustainability: Reflections on Language Contact and (Neo-)Colonial Practices on Sakhalin Island
Abstract

This article discusses hybrid identities and language contact of the Indigenous peoples of Southern Sakhalin, Russia's biggest island located in the Far East. It argues that mobility, advanced techniques of navigation, and a wide range of contacts with the neighbouring populations has facilitated multilingualism on Sakhalin. The international spirit and language super-diversity that were preserved until the beginning of the 20th century were significantly violated by the colonial regimes of Japan and Soviet Russia with their strong focus on ethnic and language classification. However, numerous redistributions of administrative boundaries, mass resettlements, and mixed marriages have paradoxically made the intervening of languages and identities in southern Sakhalin even more complicated. These radical changes further challenge current ethnic and language policies as well as development practices that rested on outdated perspectives on ethnic purity and traditional authenticity. These policies result in the exclusion of many Indigenous people, who fail to fit the dominant discourse on language and identity, which is colonial in nature. A more nuanced account of reality, though, raises a variety of questions ranging from special rights, to Indigenous peoples speaking non-Indigenous languages, to the adequacy of language revitalisation in ethnically mixed communities.

Résumé:

Cet article traite des identités hybrides et du contact linguistique des peuples autochtones de Sakhaline du sud, la plus grande île située à l'Extrême-Orient de la Russie. Il montre que le mode de vie nomade, les techniques avancées de navigation et un large éventail de contacts avec les populations voisines y ont facilité le multilinguisme. L'esprit international et la superdiversité des langues ont persisté jusqu'au début du XXe siècle et ont été significativement perturbés par les régimes coloniaux du Japon et de la Russie soviétique, qui ont utilisé des approches de classification ethnique et linguistique. Or, les nombreuses redistributions de frontières administratives, les réinstallations massives et les mariages mixtes ont paradoxalement complexifié les entrecroisements de langues et d'identités de la région. Ces changements radicaux remettent en question les politiques ethniques et linguistiques actuelles, ainsi que les pratiques de développement qui reposent sur des idées obsolètes de pureté ethnique et d'authenticité traditionnelle. Ces politiques entraînent l'exclusion de nombreux membres autochtones qui ne correspondent pas au discours dominant sur la langue et l'identité, qui est de nature coloniale. Un compte-rendu plus nuancé de la réalité soulève néanmoins une panoplie de questions, allant des droits particuliers pour les peuples autochtones parlant des langues non-autochtones à une revitalisation linguistique adéquate dans les communautés ethniques mixtes.


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