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  • Mutante, la poésie: essais par Hédi André Bouraoui
  • Edward Ousselin
Mutante, la poésie: essais. Par Hédi André Bouraoui. (Essais mosaïques.) Toronto: CMC Éditions, 2015. 164 pp.

Auteur d’une vingtaine de recueils de poésie, Hédi Bouraoui est également connu pour ses romans, parmi lesquels on peut surtout noter Ainsi parle la tour CN (Ottawa: L’Interligne, 1999). Dans cet ouvrage, Bouraoui réunit plusieurs textes courts, dont certains ont déjà été publiés, en particulier les quatorze éditoriaux de la revue poétique L’Envol, qu’il avait co-dirigée dans les années 1990. Le fait que cette revue, comme tant d’autres, n’a duré que quelques années constitue le point de départ de ce livre. Comme le [End Page 622] rappelle Bouraoui, ‘la poésie, “genre mineur”, “parent pauvre de la littérature”, n’a souvent accès ni à la lecture, ni au marché’ (p. 11). Le rédacteur d’une revue peu connue et d’une existence éphémère commence donc par accepter le postulat que ‘la voix du poète est par définition essentiellement minoritaire’ (p. 11). Cependant, si marginal que soit l’espace qu’elle réussit encore à occuper dans la vie publique et même dans le cadre plus restreint de l’expression littéraire, la poésie reste pour Bouraoui ‘l’éclat qui a souvent éclairé mon chemin de vie’ (p. 93). Au-delà des questions de définition et d’utilité, on trouve dans ces courts essais consacrés au langage poétique un certain nombre de prises de position, souvent sous forme d’aphorismes: ‘La poésie n’est plus la mise en scène de la langue, mais celle du sujet’ (p. 20); ‘Pour moi, la poésie est fonctionnelle’ (p. 84); ‘Le poème est non seulement convoyeur du beau, mais chemin le plus court pourvoyeur du face-à-face de l’Homme et de son existence’ (p. 107). Si ‘la poésie n’enseigne rien et surtout ne justifie rien’ (p. 39), elle reste la voie sinueuse mais indispensable pour tout créateur littéraire qui chemine à travers le dédale du langage. Fil conducteur ténu qui privilégie l’allusion, la suggestion et qui passe par des étapes de silence, de vide aussi bien que par des moments d’éblouissement. On ne trouvera pas dans ce recueil de textes nécessairement divers une interprétation structurée de ce que pourrait constituer le rôle, la fonction ou la place socioculturelle de la poésie, et encore moins un programme pour sa promotion en dehors des cercles fort réduits de ses lecteurs actuels. Bouraoui cherche d’une part à faire partager sa passion pour l’écriture poétique, ce qu’il appelle ‘un désir profond d’exprimer l’ineffable’ (p. 36). D’autre part, il tente d’explorer les points de contact ou d’interpénétration entre le domaine de l’énoncé poétique et ceux—la science, la politique—qui paraissent lui être étrangers. ‘Pour ne pas conclure’ est le titre du dernier texte, titre en fin de compte peu paradoxal puisque Bouraoui n’a eu de cesse de réaffirmer la dimension protéiforme, illimitée de tout projet, de toute tentative d’expression poétique. Ayant affiché son souhait de ne pas clore, l’auteur aborde donc les nouvelles tendances—‘le Slam, cet art oratoire’ (p. 132)—et les innovations technologiques qui ont des effets imprévus sur l’inspiration poétique comme sur les rapports sociaux. Art fragile mais ‘d’une extrême liberté’ (p. 132), la poésie réussit régulièrement à s’infiltrer dans chaque transformation de l’existence.

Edward Ousselin
Western Washington University
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 622-623
Launched on MUSE
2016-10-21
Open Access
No
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